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Ouvrez l'œil cet été sur les plages françaises, vous pourriez croiser la seule espèce animale « immortelle »

Science & Vie · mis à jour il y a 25 j

Une méduse de quelques millimètres refuse de mourir comme les autres. La seule espèce immortelle recensée redevient juvénile en deux jours, puis reprend son cycle de vie depuis le tout début..

Une espèce marine unique

Cet été, sur les plages françaises, il est possible d'observer une méduse nommée Turritopsis dohrnii, souvent qualifiée de seule espèce animale « immortelle ». Contrairement à la plupart des méduses qui meurent après leur reproduction, cette petite créature marine (mesurant environ 4 à 5 millimètres) possède une capacité exceptionnelle : elle peut revenir à un stade juvénile après avoir atteint l'âge adulte. Ce phénomène, appelé transdifférenciation, lui permet de rajeunir indéfiniment et d'échapper à la mort biologique naturelle. Les scientifiques étudient cette méduse depuis les années 1990, date à laquelle cette particularité a été découverte par le chercheur italien Ferdinando Boero. Son étude pourrait ouvrir des perspectives en biologie du vieillissement et en médecine régénérative.

Un cycle de vie révolutionnaire

Le cycle de vie de Turritopsis dohrnii diffère radicalement de celui des autres méduses. Après s'être reproduite, au lieu de mourir, elle se transforme en une forme de polype, un stade initial de son développement, comme si elle remontait le temps biologique. Ce polype peut ensuite donner naissance à de nouvelles méduses, perpétuant ainsi son existence. Ce processus, observé en laboratoire et confirmé par des études génétiques, suggère que cette espèce pourrait théoriquement vivre éternellement dans des conditions environnementales favorables. Cependant, des facteurs comme la prédation, les maladies ou les changements climatiques limitent sa longévité dans la nature.

Où l'observer en France

En France, Turritopsis dohrnii est principalement présente sur les côtes méditerranéennes, notamment en été lorsque les eaux sont plus chaudes. Elle peut aussi être observée sur l'Atlantique, bien que plus rarement. Les plages de la Côte d'Azur, de la Corse ou encore du Pays basque sont des spots probables pour cette méduse. Pour maximiser les chances de l'apercevoir, il est conseillé de surveiller les zones peu profondes près des rochers ou des herbiers marins, où elle se nourrit de petits organismes planctoniques. Son apparence translucide et ses tentacules courts la rendent discrète, mais une observation attentive permet de la distinguer des autres méduses.

Un intérêt scientifique majeur

La capacité de Turritopsis dohrnii à rajeunir intrigue les scientifiques, car elle pourrait offrir des pistes pour comprendre les mécanismes du vieillissement chez les autres espèces, y compris l'être humain. Des recherches sont en cours pour identifier les gènes et les processus biologiques impliqués dans cette transdifférenciation. Par exemple, une étude publiée en 2020 a révélé que cette méduse possède des gènes similaires à ceux associés à la longévité dans d'autres organismes. Ces découvertes pourraient, à terme, contribuer au développement de thérapies anti-âge ou de traitements contre des maladies dégénératives comme Alzheimer.

Ce que ça pourrait changer

Malgré son surnom d'« immortelle », *Turritopsis dohrnii* n'est pas totalement invulnérable. Sa survie dépend de facteurs environnementaux comme la température de l'eau, la disponibilité en nourriture ou la présence de prédateurs. Par exemple, une baisse soudaine des températures ou une pollution marine pourrait interrompre son cycle de rajeunissement. De plus, des études récentes montrent que, dans certains cas, le processus de transdifférenciation ne fonctionne pas parfaitement, entraînant la mort de l'individu. Son « immortalité » reste donc relative et soumise aux aléas de son écosystème.

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