Qu’est-ce que le Bouclier des Amériques, réuni en marge de l’Assemblée générale de l’ONU ?
Mardi 22 septembre, la coalition Shield of the Americas (Bouclier des Amériques), qui regroupe 19 pays, a classé 24 cartels de drogue et organisations criminelles d’Amérique latine comme groupes terroristes et annoncé des sanctions contre leurs membres. Explications..
Le Bouclier des Amériques (ou Shield of the Americas) est une coalition créée le 7 mars 2026 par le président américain Donald Trump lors d’un discours dans son complexe de golf de Doral, en Floride. Cette alliance rassemble initialement les États-Unis et une douzaine de pays d’Amérique latine. Son objectif officiel est de lutter militairement contre les cartels de drogue et les organisations criminelles transnationales en Amérique latine. Trump a insisté sur l’utilisation de la force militaire létale pour détruire ces groupes, déclarant : « Une fois pour toutes, nous allons en finir avec eux. » Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large appelée « doctrine Donroe », en référence à la doctrine Monroe (1817-1825), qui visait à faire des Amériques une zone d’influence exclusive des États-Unis. La coalition marque ainsi un retour des États-Unis dans la gestion sécuritaire de leur « arrière-cour » latino-américaine.
Le Bouclier des Amériques repose sur trois piliers principaux : le partage de renseignements, des opérations militaires coordonnées et une assistance mutuelle entre pays membres. Les États-Unis jouent un rôle central en fournissant des ressources et un soutien logistique, tandis que les pays latino-américains participent activement aux actions sur le terrain. Par exemple, des bombardements conjoints ont eu lieu entre les États-Unis et l’Équateur en 2026, et un exercice multinational appelé Panamax 2026 a rassemblé près de 1 700 soldats de 19 pays au Panama. Lors de cet exercice, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a encouragé les alliés à se retirer de la Cour pénale internationale, critiquée pour ses enquêtes sur les frappes américaines contre des bateaux suspects de trafic de drogue, qui ont causé plus de 230 morts depuis septembre 2025. Cette approche vise à renforcer la coopération sécuritaire tout en limitant les contraintes juridiques internationales.
La coalition compte 19 pays membres, principalement situés en Amérique latine. Les membres fondateurs incluent les États-Unis, l’Argentine, la Bolivie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Équateur, le Salvador, le Guyana, le Honduras, le Panama, le Paraguay et Trinité-et-Tobago. Ils ont été rejoints par les Bahamas, le Belize, le Guatemala et la Jamaïque, puis par d’autres pays comme la Colombie et le Pérou, où des gouvernements d’extrême droite ont été élus. Le Chili, qui était initialement observateur, a officiellement rejoint la coalition le 22 septembre 2026 pour lutter plus efficacement contre le crime organisé transnational. À l’inverse, des pays dirigés par des gouvernements de gauche, comme le Mexique ou le Brésil, n’en font pas partie. Cette division reflète les tensions politiques en Amérique latine entre les courants pro-américains et ceux plus critiques envers l’influence des États-Unis.
Le 22 septembre 2026, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, 15 pays membres du Bouclier des Amériques ont annoncé leur première action commune : la désignation de 24 organisations comme « narcoterroristes transnationales ». Parmi ces groupes figurent des cartels colombiens, vénézuéliens, péruviens, salvadoriens, mexicains et brésiliens. Les sanctions incluent le gel de leurs actifs financiers, des restrictions de visas pour leurs membres et des poursuites pénales contre leurs soutiens logistiques ou financiers. Ce texte appelle également à « sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques », une mesure visant à réduire l’influence de la Chine dans la région. Cette désignation collective est une première en Amérique latine, où les gouvernements signataires s’engagent à collaborer avec Washington pour éradiquer ces groupes, sous peine d’interventions militaires américaines directes.
L’initiative du *Bouclier des Amériques* soulève plusieurs inquiétudes, notamment dans les pays membres. Les oppositions locales craignent que les actions militaires coordonnées ne conduisent à des opérations ou des bombardements américains sur leur territoire, sans leur consentement. Donald Trump a d’ailleurs averti que si les États ne parvenaient pas à éliminer les cartels, les États-Unis interviendraient *« à leur place »*. Par ailleurs, la pression exercée pour quitter la *Cour pénale internationale* et la focalisation sur la lutte contre les cartels, au détriment d’autres enjeux comme les droits humains, suscitent des critiques. Certains observateurs y voient une tentative de ressusciter les ingérences historiques des États-Unis en Amérique latine, rappelant des périodes sombres de l’histoire régionale, comme le rappelle l’article sur le Venezuela.

