L’Europe fait un très beau cadeau aux utilisateurs d’Android en France : Google est désormais forcé de proposer de nouvelles fonctionnalités aux rivaux de Gemini
La Commission européenne oblige Google à ouvrir Android aux concurrents de Gemini. Cela permettra d’activer les assistants IA tiers avec la voix, et même d’utiliser ces assistants pour réaliser des actions sur les applications Android..
La Commission européenne, par le biais du Digital Markets Act (DMA), une réglementation européenne entrée en vigueur en 2024 pour encadrer les géants du numérique comme Google, Apple ou Meta, impose à Google des mesures contraignantes. Ces mesures visent à limiter les avantages exclusifs dont bénéficie Google grâce à son système d'exploitation Android, notamment son assistant d'intelligence artificielle (IA) Gemini. Le DMA cherche à éviter que les grandes entreprises technologiques n'abusent de leur position dominante sur le marché, en favorisant artificiellement leurs propres services au détriment des concurrents. Google a jusqu'en juillet 2027 pour se conformer à ces nouvelles règles sur le marché français et européen.
Google doit désormais permettre aux assistants IA concurrents de Gemini (comme ChatGPT d'OpenAI ou Claude d'Anthropic) d'accéder aux mêmes fonctionnalités que son propre assistant sur Android. Concrètement, les utilisateurs pourront activer ces assistants tiers via des commandes vocales, similaires à la commande « Hey Google » existante pour Gemini. De plus, ces assistants pourront effectuer des actions dans les applications Android, comme réserver un taxi, suggérer des réponses dans des applications de messagerie ou rappeler un lieu récemment visité. Cette ouverture vise à offrir plus de choix aux utilisateurs et à stimuler l'innovation dans le domaine de l'IA.
En complément des mesures sur Android, la Commission européenne oblige Google à partager des données de recherche anonymisées avec des concurrents de son moteur de recherche Google Search. Ces données, collectées à grande échelle par Google, incluent des informations sur les requêtes des utilisateurs, mais sont rendues anonymes pour protéger leur vie privée. L'objectif est de rééquilibrer la concurrence en permettant aux autres moteurs de recherche (comme Bing de Microsoft ou Qwant) d'améliorer leurs services grâce à ces données. Cette décision s'inscrit dans une volonté plus large de l'UE de favoriser un marché numérique plus équitable et transparent.
Google a réagi en exprimant ses réserves sur ces mesures, estimant qu'elles pourraient compromettre la vie privée et la sécurité des utilisateurs européens. L'entreprise affirme avoir proposé des alternatives pour concilier respect du DMA et protection des données, sans succès. Malgré ces objections, les décisions de la Commission sont juridiquement contraignantes. Les nouvelles fonctionnalités devraient être disponibles pour les utilisateurs d'Android en France et dans l'UE à partir de juillet 2027. Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, souligne que ces mesures visent à protéger les utilisateurs tout en soutenant les petits acteurs du secteur technologique.

