Impôts 2027 : voici comment va évoluer le barème, allez-vous payer plus cher ou moins ?
Le nouveau barème d'imposition est connu..
Le gouvernement a dévoilé le nouveau barème d’imposition sur le revenu pour 2027. Les seuils des tranches d’imposition sont relevés de 2,1 % par rapport à 2026, une hausse calculée sur la base de l’inflation mesurée par l’Insee en 2026. Les taux d’imposition restent identiques, mais les montants de revenus déclenchant chaque taux sont augmentés. Par exemple, la tranche à 0 % s’applique désormais jusqu’à 11 844 € (contre 11 600 € en 2026), et la tranche à 11 % commence à 11 845 € (contre 11 601 €). Ce mécanisme vise à éviter que l’inflation n’augmente mécaniquement la charge fiscale des contribuables, même si leurs revenus ne progressent pas. Pour les salaires gelés, l’impôt peut même diminuer légèrement, tandis que ceux dont les revenus augmentent plus vite que 2,1 % paieront davantage.
Les nouvelles tranches d’imposition pour 2027 sont les suivantes : 0 % jusqu’à 11 844 €, 11 % de 11 845 € à 30 200 €, 30 % de 30 201 € à 86 353 €, 41 % de 86 354 € à 185 737 €, et 45 % au-delà de 185 737 €. Ces seuils remplacent ceux de 2026, où la tranche à 0 % s’arrêtait à 11 600 €, celle à 11 % à 29 579 €, celle à 30 % à 84 577 €, et celle à 41 % à 181 917 €. L’ajustement de 2,1 % permet de neutraliser l’effet de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat. Par exemple, un salarié gagnant autour du salaire médian pourrait voir son impôt diminuer d’environ 50 €, tandis qu’un revenu en hausse de plus de 2,1 % entraînerait une augmentation de la facture fiscale.
L’indexation des seuils d’imposition profite principalement aux ménages dont les revenus stagnent ou progressent moins vite que l’inflation. Pour ces foyers, l’impôt peut baisser, car les tranches sont relevées sans augmentation de salaire. À l’inverse, les contribuables dont les revenus augmentent plus rapidement que 2,1 % verront leur impôt augmenter. Par exemple, un salarié dont le salaire passe de 30 000 € à 31 000 € en 2027 pourrait passer dans une tranche supérieure, entraînant une hausse de son impôt. Ce mécanisme vise à maintenir l’équité fiscale, mais il peut aussi créer des effets pervers pour ceux dont les revenus évoluent de manière irrégulière.
Selon le dernier Baromètre des prélèvements obligatoires publié par le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) en novembre 2025, 78 % des Français estiment que le niveau général des impôts et des cotisations sociales est trop élevé. Seuls 19 % jugent ce niveau « approprié ». Parmi les sondés, 36 % estiment que leur propre taxation est à un niveau correct. Le rapport révèle aussi que plus les revenus augmentent, plus l’acceptation de la fiscalité diminue. Paradoxalement, 79 % des Français considèrent le paiement des impôts comme un « acte citoyen », et 45 % estiment que la fraude fiscale n’est « jamais » justifiée. Enfin, 49 % des participants pensent qu’il est possible d’améliorer les services publics tout en réduisant la fiscalité.
François Villeroy de Galhau, alors gouverneur de la Banque de France, a plaidé en faveur d’une stabilité fiscale en France. Il a souligné que les modifications fréquentes des impôts créent de l’incertitude et affaiblissent la confiance des contribuables. Il propose de limiter les ajustements fiscaux à une fois par législature et par impôt, afin de garantir une meilleure visibilité. Selon lui, la France n’a ni les moyens de baisser les impôts ni d’espace pour les augmenter. Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur la nécessité de rendre la fiscalité plus prévisible et moins sujette aux changements fréquents, un sujet qui devrait resurgir lors des débats budgétaires et de la prochaine campagne présidentielle.

