NapseflowNapseflow
Généraliste

Au Yukon, un projet minier ravive la cicatrice laissée par Faro

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 16 j

Les Kaskas s’opposent au projet minier de Kudz Ze Kayah sur un territoire meurtri par la pollution minière..

Nouveau projet minier

Au Yukon, dans le territoire traditionnel des Kaska (peuple autochtone), un nouveau projet minier nommé Kudz Ze Kayah (KZK) est en cours de développement malgré l’opposition des communautés locales. Porté par l’entreprise BMC Minerals basée à Vancouver, ce projet prévoit l’extraction et le traitement de 2 millions de tonnes de minerai par an pendant 10 ans, ce qui en ferait le plus important producteur de zinc du Canada. Les ressources visées incluent du cuivre, du plomb, du zinc, de l’argent et de l’or. Le site se situe à 115 kilomètres au sud-est de Ross River, dans une zone riche en vestiges archéologiques et en biodiversité, notamment le caribou, animal central dans la culture Kaska.

Menace sur le caribou

Le projet KZK menace directement la harde de caribous de Finlayson, une espèce classée comme préoccupante par les autorités canadiennes. Dans les années 1990, cette harde comptait moins de 3 000 individus, contre 8 000 à 12 000 auparavant. Les Kaska ont déclaré cette harde entité écologique vivante dotée de droits inhérents, soulignant son importance culturelle et alimentaire. La mine est située en plein cœur de la zone d’accouplement, de mise bas et d’hivernage de ces animaux, ce qui pourrait aggraver leur déclin. Le caribou est essentiel pour les Kaska, qui dépendent de sa viande et de ses peaux pour se nourrir et se vêtir.

Opposition des Kaska

Les communautés Kaska de Ross River et Liard s’opposent fermement au projet KZK, dénonçant l’absence de leur consentement. Le chef du Conseil de Ross River Dena, Dylan Loblaw, affirme que les gouvernements du Yukon et du Canada ont violé la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones en donnant leur feu vert au projet en avril 2023. Les Kaska estiment que les consultations menées par les autorités ne correspondent pas à leur définition du consentement, qui implique une prise en compte réelle de leurs préoccupations. Ils rappellent que leur opposition est historique et a déjà conduit à des recours juridiques, comme en 2024 où la Cour d’appel a souligné des lacunes dans les consultations.

Conflit sur les droits

Les Kaska soulignent que leur opposition au projet KZK repose sur la défense de leurs droits, de leur économie traditionnelle et de leur mode de vie. Ils rappellent qu’un accord ancien, signé avec l’entreprise Teck Resources Limited avant le transfert des droits à BMC, ne reflète plus leurs préoccupations actuelles. Le chef Loblaw dénonce l’utilisation de cet accord comme une arme par BMC, bien qu’il soit obsolète. L’entreprise, de son côté, affirme avoir modifié la conception du projet pour tenir compte des retours des Kaska et maintient un dialogue avec la communauté, tout en espérant finaliser un nouvel accord.

Héritage minier toxique

Le territoire des Kaska porte les cicatrices de l’exploitation minière passée, notamment celle de la mine Rivière Ketza (1987), située à 50 kilomètres de Ross River. Cette ancienne mine d’or et d’argent a contaminé les sols et les eaux avec de l’arsenic, et ses vestiges sont toujours en cours d’assainissement. Mais c’est surtout le complexe minier de Faro (abandonné en 1998), l’une des plus grandes mines de plomb et de zinc à ciel ouvert au monde, qui a laissé des traces indélébiles. Ce site, couvrant 25 km², a produit 70 millions de tonnes de résidus et 320 millions de tonnes d’amas stériles, contaminant les terres et les eaux environnantes. Son assainissement, estimé parmi les plus coûteux du Canada, est toujours en cours.

Dilemme économique

Malgré leur opposition au projet KZK, les Kaska sont confrontés à un dilemme économique : l’entreprise BMC propose des emplois, des contrats et des dons, injectant environ 20 millions de dollars américains dans la communauté. En 2023, 45 % des employés du site étaient issus des communautés Kaska. Le chef Loblaw reconnaît la nécessité de créer des emplois locaux, mais souligne que l’exploitation minière n’est pas une solution durable. Il mise plutôt sur le développement de services locaux et d’entreprises locales pour diversifier l’économie. Les affiches d’offres d’emploi de BMC sont ainsi visibles à l’entrée du conseil de bande de Ross River.

Ce que ça pourrait changer

Les gouvernements du Yukon et du Canada affirment avoir mené des consultations avec les *Kaska* avant d’approuver le projet KZK, bien que ces consultations n’aient pas abouti à leur consentement. Les autorités reconnaissent que l’obtention d’un consentement n’est pas toujours possible, mais estiment que le processus de consultation est respecté dès lors que les communautés sont informées et entendues. Les *Kaska*, en revanche, critiquent une approche perçue comme superficielle, où les consultations se limitent à des échanges sans prise en compte réelle de leurs droits et préoccupations. Pour eux, le processus est conçu pour faciliter l’obtention des permis, quel que soit l’avis des communautés.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.