Voyez l’impact des promesses électorales sur les finances du Québec
Les partis multiplient les promesses, mais sont-elles réalistes dans la situation économique actuelle?.
Les partis politiques québécois doivent proposer des promesses électorales crédibles malgré un contexte économique incertain. La croissance économique prévue est fragile en raison de tensions commerciales avec les États-Unis et de la guerre au Moyen-Orient. Les partis doivent ainsi être prudents, car leurs engagements financiers doivent respecter la loi sur le retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030. Certains partis misent sur des baisses d’impôts, d’autres sur des économies ou des revenus hypothétiques pour financer leurs projets. Le ministère des Finances du Québec a publié un rapport préélectoral jusqu’en 2031, servant de référence commune pour évaluer le coût des promesses des partis.
Le rapport préélectoral du ministère des Finances du Québec, publié avant la campagne électorale, établit une base crédible pour évaluer les promesses des partis. Ce document prévoit des revenus de 189 milliards de dollars et des dépenses de 186,3 milliards de dollars en 2030-2031. La Vérificatrice générale du Québec a jugé ces prévisions plausibles, bien qu’incertaines après 2027-2028 en raison des fluctuations économiques. Contrairement au gouvernement fédéral, le Québec n’a pas d’organisme indépendant pour évaluer les promesses des partis. Chaque parti doit donc analyser lui-même son cadre financier, parfois avec l’aide d’un expert externe.
En 2030-2031, les revenus prévus par les partis varient significativement. La Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) s’alignent sur les prévisions du ministère des Finances. Québec solidaire (QS) prévoit 12,2 milliards de dollars de nouveaux revenus, notamment grâce à un impôt sur les grandes fortunes et une réforme fiscale. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) anticipe quant à lui des revenus inférieurs de 8,8 milliards de dollars aux prévisions officielles. Ces écarts reflètent des stratégies fiscales opposées, entre hausse des impôts pour certains et baisses pour d’autres.
Les dépenses prévues en 2030-2031 s’élèvent à 186,3 milliards de dollars selon le rapport préélectoral. La CAQ et le PLQ prévoient des dépenses légèrement supérieures (+2,3 milliards et +0,5 milliard respectivement), tandis que Québec solidaire (QS) est le plus dépensier (+12,9 milliards), notamment pour améliorer les salaires du secteur public et augmenter les revenus des personnes en situation de pauvreté. Le PQ et le PCQ, à l’inverse, prévoient des dépenses inférieures (-2,7 milliards et -12,4 milliards). Tous les partis s’engagent à atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030, comme l’exige la loi.
La CAQ mise sur des transferts fédéraux supplémentaires (1,2 milliard de dollars) et une meilleure rentabilité des entreprises d’État comme Hydro-Québec pour financer ses promesses, avec des dépenses limitées à 2,2 milliards de dollars. Le PLQ compte sur des économies dans la fonction publique (suppression de 12 000 postes) et des revenus supplémentaires grâce à la lutte contre le jeu illégal en ligne (350 millions de dollars). QS propose des hausses d’impôts pour les plus riches et une augmentation du salaire minimum à 20 $ l’heure, financant ses dépenses par des économies sur le Fonds des générations. Le PQ mise sur des baisses d’impôts pour les entreprises et des compressions dans la fonction publique. Le PCQ, lui, mise sur des baisses d’impôts massives (-15,6 milliards de dollars) financées par des économies drastiques (14,3 milliards de dollars).
La dette du Québec devrait atteindre 275 milliards de dollars en 2030-2031 selon le rapport préélectoral. Tous les partis prévoient une hausse de la dette, mais certains comme le PQ et le PCQ s’en éloignent moins que d’autres. La loi exige que le ratio dette/PIB soit inférieur à 36 % en 2030-2031. Le PQ et le PCQ respectent cette cible, tandis que la CAQ et le PLQ s’en rapprochent. QS, en revanche, s’en éloigne avec un ratio de 40,4 %, mais justifie cela par un niveau inférieur à celui d’avant la pandémie. Le Fonds des générations, destiné au remboursement de la dette, est suspendu par QS mais maintenu par les autres partis.
L’analyse des promesses électorales se base uniquement sur les engagements chiffrés dans les cadres financiers déposés par chaque parti. Les montants et les libellés sont ceux fournis par les partis, avec des ajustements pour permettre la comparaison. Les effets sur les revenus et les dépenses sont classés du plus grand au plus faible. Un signe négatif indique une baisse de revenus ou de dépenses. L’année de référence 2030-2031 a été choisie pour comparer les partis, car elle correspond à la fin d’un cycle économique et électoral complet. Les promesses non chiffrées ne sont pas incluses dans l’analyse.

