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Les distilleries seront les plus touchées par l’interdiction sur l’alcool canadien

Le Devoir · mis à jour il y a 10 j

Plus de la moitié de leur production totale est expédiée vers les États-Unis en temps normal..

Interdiction américaine

Les États-Unis ont annoncé une interdiction générale des importations d’alcool canadien à partir du 29 septembre 2026. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre les deux pays, après que le Canada a imposé des droits de douane de rétorsion en début de semaine. L’interdiction vise la majorité des produits alcoolisés canadiens, à l’exception des bouteilles de whisky et de liqueurs de plus de quatre litres, une exemption jugée peu significative par les acteurs du secteur. Les distilleries, qui exportent plus de 50 % de leur production vers les États-Unis, seraient les plus affectées par cette décision.

Impact sur les distilleries

Craig Johnston, économiste en chef chez Financement agricole Canada, souligne que les distilleries sont particulièrement exposées au marché américain, contrairement aux vignobles ou aux brasseries. En effet, plus de la moitié de leur production est destinée aux États-Unis, et trouver de nouveaux débouchés au Canada, en Europe ou ailleurs s’avérerait difficile. Cal Bricker, de l’association Spiritueux Canada, précise que cette interdiction équivaut presque à une interdiction du whisky canadien, car les bouteilles de plus de quatre litres sont rarement vendues. Les distilleries ne peuvent pas contourner cette interdiction en délocalisant leur production aux États-Unis, car les accords juridiques imposent de produire certains spiritueux (comme le whisky canadien) uniquement au Canada.

Réactions des acteurs

Andrew Oland, directeur général de la brasserie Moosehead, a exprimé sa déception face à l’inclusion de l’alcool dans cette escalade commerciale. Bien que seulement 15 % de sa production soit exportée vers les États-Unis, l’entreprise assume déjà des droits de douane de 50 % depuis l’échec des négociations commerciales le mois dernier. Pour limiter les pertes, la brasserie tente d’expédier autant de bière que possible avant la date butoir du 29 septembre. Luke Chamans, vice-président de Canada Bière, rappelle que l’industrie brassicole canadienne est majoritairement nationale, avec plus de 90 % de la bière achetée au Canada produite localement, ce qui la rend moins vulnérable aux restrictions américaines.

Ce que ça pourrait changer

Norman Beal, président du conseil d’administration d’*Ontario Craft Wineries*, estime que le secteur viticole canadien sera peu affecté par cette interdiction. En effet, seulement 1 % des ventes de vin proviennent des États-Unis, et la majorité des produits sont écoulés sur le marché national. Cette faible dépendance au marché américain s’explique par la taille réduite des vignobles canadiens et leur orientation vers la consommation locale. Contrairement aux distilleries, les producteurs de vin ne devraient donc pas subir de conséquences majeures.

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