De plus en plus de retraités passent du temps sur Instagram ou TikTok pour lutter contre la solitude
Passé 60 ans, les retraités sur les réseaux sociaux ouvrent Instagram ou TikTok pour rompre l'isolement. Le smartphone est devenu leur écran principal, et leur première crainte en ligne reste l'arnaque bancaire..
Une étude récente révèle que de plus en plus de retraités s’inscrivent sur des plateformes comme Instagram ou TikTok pour rompre avec l’isolement. Ces applications, initialement conçues pour un public jeune, attirent désormais une part croissante de cette tranche d’âge. Les réseaux sociaux offrent un espace où les seniors peuvent échanger, partager des contenus ou suivre des communautés adaptées à leurs centres d’intérêt. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où la solitude touche particulièrement les personnes âgées, notamment après la retraite ou en cas de perte d’autonomie. Les plateformes comme Meta (propriétaire de Facebook et Instagram) ou ByteDance (créateur de TikTok) ne ciblent pas spécifiquement ce public, mais leur accessibilité et leur simplicité d’utilisation en font des outils attractifs pour cette génération.
La solitude chez les retraités est un enjeu de santé publique reconnu. Selon des données épidémiologiques, près de 30 % des personnes âgées de 60 ans et plus déclarent souffrir de solitude en France, un chiffre qui peut atteindre 50 % après 80 ans. Ce phénomène est souvent lié à des facteurs comme la perte du conjoint, la diminution des interactions sociales après l’arrêt de la vie professionnelle ou des difficultés physiques limitant les déplacements. Les réseaux sociaux, en permettant des échanges à distance, deviennent un moyen de maintenir un lien social, même minimal. Des études en psychologie sociale soulignent que ces interactions virtuelles peuvent atténuer le sentiment d’isolement, bien qu’elles ne remplacent pas totalement les relations en face-à-face.
Les retraités qui adoptent ces plateformes le font pour des raisons variées. Certains cherchent à rester en contact avec leur famille, notamment avec leurs petits-enfants qui utilisent déjà ces réseaux. D’autres y trouvent un moyen de partager leurs passions, comme la cuisine, le jardinage ou le voyage, en publiant des photos ou des vidéos. Une minorité utilise ces outils pour s’informer ou se divertir, en suivant des comptes dédiés à l’histoire, à la science ou à l’humour. Une enquête menée en 2025 indique que 15 % des utilisateurs de TikTok âgés de plus de 65 ans déclarent y passer au moins une heure par jour, principalement pour des raisons sociales. Les plateformes adaptent d’ailleurs leurs interfaces pour faciliter l’accès aux seniors, comme des polices de caractères plus grandes ou des tutoriels simplifiés.
Malgré leurs avantages, ces usages comportent des risques. Les retraités peuvent être exposés à des contenus inappropriés, à la désinformation ou à des arnaques en ligne, en raison de leur méconnaissance des mécanismes des réseaux sociaux. Une étude de l’INSEE en 2024 révèle que 8 % des seniors ont déjà été victimes d’une tentative d’escroquerie sur internet, un chiffre en hausse de 3 points par rapport à 2020. Par ailleurs, une utilisation excessive peut entraîner une dépendance, avec des conséquences sur le sommeil ou l’activité physique. Les experts recommandent donc un accompagnement, notamment via des ateliers organisés par des associations ou des centres sociaux, pour apprendre à utiliser ces outils de manière sécurisée et équilibrée.
Face à cette nouvelle audience, les géants du numérique ajustent leurs services. *Meta* a lancé en 2023 une version simplifiée de *Facebook* pour les seniors, avec des fonctionnalités comme un bouton d’urgence ou un accès direct aux contacts familiaux. *TikTok*, de son côté, propose des partenariats avec des associations pour promouvoir un usage responsable, notamment en France où le gouvernement a lancé en 2025 un plan national pour lutter contre l’isolement des personnes âgées. Ces initiatives visent à rendre les plateformes plus inclusives, tout en limitant les dérives comme le cyberharcèlement ou la diffusion de fausses informations. Les retraités représentent désormais une cible stratégique pour ces entreprises, qui y voient un marché en croissance.

