Hommage à Nelson Mandela : l’ONU appelle à faire reculer les inégalités
Les Nations Unies ont rendu hommage, lundi, à l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, tout en appelant à remettre la lutte contre la pauvreté et les inégalités au premier rang des priorités mondiales. Face à la multiplication des conflits, au recul de l'aide au développement et à l'envolée des dépenses militaires, le Secrétaire général de l'ONU a estimé que le monde faisait aujourd'hui « les mauvais choix »..
Le 18 juillet 2026, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a rendu hommage à Nelson Mandela à l’occasion de la Journée internationale qui porte son nom. Lors d’un discours devant l’Assemblée générale, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué la mémoire de Mandela comme symbole de paix, de justice et de défense des droits humains. Guterres a cité une phrase forte de Mandela : « Même dans les moments les plus sombres de sa vie, Nelson Mandela comprenait que le désespoir était un luxe que l'humanité ne pouvait pas se permettre ». Mandela, emprisonné 27 ans pour son combat contre l’apartheid en Afrique du Sud, est présenté comme un exemple de résilience et de capacité à transformer la souffrance en réconciliation. Son héritage inspire encore ceux qui luttent contre les injustices mondiales, notamment celles héritées du colonialisme, du racisme et de la traite transatlantique des esclaves.
António Guterres a alerté sur l’aggravation des inégalités dans le monde, qualifiant la situation d’urgence. Selon lui, des centaines de millions de personnes manquent toujours d’accès à l’alimentation, à l’eau potable, aux soins de santé et à l’éducation. Les conflits armés, les crises économiques et le changement climatique (modification durable des conditions météorologiques moyennes) aggravent ces difficultés. Guterres a souligné un paradoxe : les dépenses militaires mondiales dépassent largement celles consacrées au développement, à la paix et à la protection sociale. Par exemple, il a rappelé la phrase de Mandela : « Comme l'esclavage et l'apartheid, la pauvreté n'est pas naturelle », pour appeler à des choix politiques différents, comme investir davantage dans l’éducation ou la santé plutôt que dans les armes.
La Présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, a insisté sur la nécessité d’agir concrètement pour réduire la pauvreté et les inégalités. Elle a rappelé que 808 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté (situation où les revenus sont inférieurs à 2,15 dollars par jour). De plus, seulement un pays sur cinq est en voie de réduire de moitié son taux de pauvreté d’ici 2030, alors que cet objectif fait partie des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Nations Unies en 2015. Baerbock a utilisé une métaphore forte : « C’est encore entre nos mains », pour souligner que les solutions existent mais dépendent de la volonté politique. Elle a aussi mis en avant la capacité de Mandela à privilégier le dialogue et la réconciliation plutôt que la haine, comme modèle pour résoudre les conflits actuels.
La Journée internationale Nelson Mandela propose une action symbolique : consacrer 67 minutes de son temps au service de sa communauté. Ce chiffre fait référence aux 67 années que Mandela a consacrées à la lutte pour la justice et l’égalité. L’objectif est d’inciter chacun à s’engager localement, que ce soit en aidant des voisins, en participant à des projets solidaires ou en soutenant des associations. António Guterres a conclu en affirmant que *« vaincre la pauvreté et les inégalités n'est pas un acte de charité, mais un acte de justice »*, invitant à faire vivre les valeurs portées par Mandela : liberté, égalité, solidarité, réconciliation et paix. Cette initiative rappelle que le changement commence par des actions individuelles, mais aussi par des choix collectifs et politiques.

