Si l'Espagne considère les frelons asiatiques comme un problème, c'est parce qu'elle ignore ce que les États-Unis ont découvert : des guêpes radioactives
Sur les friches d’un ancien site à bombes américain, une faune abondante vit au contact de décennies de résidus. Là, une patrouille radiologique a débusqué un nid de guêpes radioactives anormalement chargé, quand la terre autour, elle, restait parfaitement saine..
L'Espagne considère les frelons asiatiques (Vespa velutina) comme une menace sérieuse pour les écosystèmes locaux et l'apiculture. Originaires d'Asie, ces insectes ont été introduits accidentellement en Europe vers 2004, probablement via des marchandises importées. Leur expansion rapide en Espagne, où ils ont été repérés pour la première fois en 2010, s'accompagne de craintes pour la biodiversité locale. Les frelons asiatiques sont des prédateurs voraces, notamment pour les abeilles domestiques, dont ils déciment les colonies. Leur présence a poussé les autorités espagnoles à lancer des campagnes d'éradication, comme l'installation de pièges ou la destruction de nids. Cependant, une découverte récente aux États-Unis pourrait remettre en cause cette approche.
Aux États-Unis, des chercheurs ont observé que certaines guêpes, dont des espèces proches des frelons asiatiques, étaient capables de survivre à des niveaux élevés de radiation. Cette capacité, appelée radio-résistance, a été étudiée dans le cadre de projets liés à la gestion des déchets nucléaires. Les scientifiques ont notamment identifié des mécanismes biologiques permettant à ces insectes de réparer leur ADN endommagé par les radiations. Cette découverte suggère que les frelons asiatiques pourraient, eux aussi, posséder une résistance similaire, ce qui expliquerait leur expansion fulgurante dans des environnements variés, y compris ceux pollués ou modifiés par l'homme.
Si les frelons asiatiques sont effectivement radio-résistants, leur impact écologique pourrait être sous-estimé. Leur capacité à survivre dans des milieux contaminés ou perturbés par l'activité humaine pourrait leur donner un avantage concurrentiel sur les espèces locales. Par exemple, leur présence pourrait perturber les chaînes alimentaires en décimant les populations d'abeilles, déjà menacées par d'autres facteurs comme les pesticides. En Espagne, où les écosystèmes sont déjà fragilisés par le changement climatique et la pollution, cette résistance pourrait aggraver les déséquilibres. Les autorités espagnoles, en se concentrant uniquement sur l'éradication, ignoreraient alors une partie des causes de leur prolifération.
L'article souligne un manque criant de données scientifiques sur les frelons asiatiques en Espagne. Contrairement aux États-Unis, où des études approfondies ont été menées sur la radio-résistance des insectes, l'Espagne dispose de peu d'informations sur les capacités biologiques de cette espèce invasive. Les campagnes d'éradication actuelles reposent donc sur des hypothèses non vérifiées, comme l'idée que ces frelons ne peuvent pas survivre dans des environnements pollués. Sans une meilleure compréhension de leur biologie, les mesures de contrôle pourraient s'avérer inefficaces ou, pire, contre-productives. Les chercheurs appellent à des études complémentaires pour évaluer l'étendue réelle de leur radio-résistance.
Face à cette découverte, les experts suggèrent d'envisager des solutions alternatives à l'éradication pure et simple. Une approche plus nuancée pourrait inclure la surveillance des populations de frelons asiatiques, l'étude de leurs interactions avec les écosystèmes locaux, et le développement de méthodes de contrôle ciblées. Par exemple, des pièges sélectifs ou des prédateurs naturels pourraient être utilisés pour limiter leur impact sans chercher à les éliminer totalement. Cette stratégie, déjà adoptée dans certains pays européens, repose sur une meilleure connaissance de l'espèce et de son rôle dans l'écosystème. Elle pourrait aussi éviter des conséquences imprévues, comme l'émergence de nouvelles espèces invasives.

