Trump secoue le G20
L’exclusion de l’Afrique du Sud ébranle la cohésion du groupe et ouvre la porte à tous les arbitraires..
Le président américain Donald Trump a annoncé l’invitation de son homologue russe Vladimir Poutine au sommet du G20 prévu en décembre 2026 en Floride. Cette décision marque un revirement par rapport à la position des autres membres du G20, qui avaient exclu la Russie du G7 en 2014 après l’annexion de la Crimée. Trump, connu pour son admiration envers les dirigeants autoritaires, estime que la Russie, grande puissance économique, doit participer aux discussions internationales. Cette invitation intervient malgré l’invasion de l’Ukraine en 2022, qui avait renforcé l’unité des pays occidentaux contre Moscou. Le G20, qui regroupe les 19 plus grandes économies mondiales, l’Union européenne et l’Union africaine, fonctionne par consensus et n’a pas de règles strictes pour exclure un membre, sauf si l’hôte du sommet décide de ne pas l’inviter.
Parallèlement à l’invitation de Poutine, Trump a décidé d’exclure l’Afrique du Sud du sommet du G20. Cette exclusion est justifiée par deux raisons principales : d’abord, Trump reproche à l’Afrique du Sud de persécuter les fermiers blancs, une accusation souvent relayée par des groupes conservateurs américains. Ensuite, il critique Pretoria pour avoir engagé une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) contre Israël pour ses actions à Gaza. L’Afrique du Sud est membre de la CPI, ce qui l’oblige théoriquement à appliquer les mandats d’arrêt internationaux. Cependant, Trump utilise son rôle d’hôte pour imposer cette exclusion unilatérale, ce qui soulève des questions sur la cohésion du G20, un groupe basé sur le consensus et non sur des obligations légales.
Les réactions des autres membres du G20 face aux décisions de Trump ont été discrètes jusqu’à présent. Le groupe, qui prend ses décisions par consensus, se trouve dans une position délicate. D’un côté, plusieurs pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Arabie saoudite entretiennent des liens forts avec la Russie et refusent de soutenir des sanctions contre Moscou. De l’autre, des pays comme le Canada, la France ou l’Allemagne, opposés à la réintégration de la Russie, ne peuvent pas imposer une exclusion formelle, car le G20 n’a pas de mécanisme pour cela. La règle du consensus limite donc leur marge de manœuvre, ce qui encourage Trump à poursuivre sa stratégie. Cette situation met en lumière la faiblesse structurelle du G20 : son caractère informel, bien que flexible, le rend vulnérable aux décisions unilatérales de ses membres les plus puissants.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, Vladimir Poutine a toujours été invité au sommet du G20, mais il évite généralement d’y participer pour ne pas créer de tensions diplomatiques. Par exemple, lors des sommets organisés par le Brésil et l’Afrique du Sud en 2024 et 2025, ces deux pays, membres de la CPI, ont fait savoir à Moscou leur réticence à accueillir Poutine. Pour éviter d’embarrasser ses hôtes, le président russe a choisi de rester absent. Cette stratégie montre que, malgré les invitations de Trump, Poutine reste conscient des limites politiques imposées par ses alliés. Cependant, sa présence au sommet de Miami en décembre 2026 n’est pas exclue, surtout si Trump maintient son invitation, ce qui pourrait créer un nouveau conflit au sein du G20.
Le *G20* a été créé en 1999 comme un forum économique réunissant les 19 plus grandes économies mondiales, l’Union européenne et l’Union africaine. Contrairement à des organisations comme l’ONU ou l’Union européenne, le G20 n’est pas régi par un traité et ne dispose pas d’obligations légales contraignantes. Ses décisions sont prises par consensus et leur application dépend de la volonté des membres. Cette flexibilité permet au groupe de s’adapter à des enjeux variés, mais elle le rend aussi vulnérable aux arbitraires. Par exemple, l’exclusion d’un membre ne peut se faire que si l’hôte du sommet décide de ne pas l’inviter, comme l’a fait Trump avec l’Afrique du Sud. De plus, le G20 aborde désormais des sujets comme la sécurité, mais il évite généralement les questions liées aux droits de l’homme ou à la démocratie, se concentrant sur les intérêts économiques et politiques partagés par ses membres.

