Possible ingérence : tirs groupés contre le leadership de Christine Fréchette
« Pétard mouillé », « mauvais théâtre » : les chefs n'ont pas mâché leurs mots envers la cheffe de la CAQ..
Un groupe de réflexion américain nommé Defense Analysis and Research Corporation (DARC) a publié en février 2026 un texte appelant le gouvernement des États-Unis à soutenir financièrement le Parti québécois (PQ) et à favoriser le mouvement souverainiste au Québec. L’objectif serait d’affaiblir le Canada en exploitant les tensions politiques internes. Cette révélation a été portée à l’attention du public par la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, qui a exprimé sa préoccupation face à ces allégations. Cependant, elle a précisé qu’aucun élément ne permettait, à ce stade, de confirmer une ingérence étrangère avérée dans la campagne électorale québécoise.
Les quatre autres chefs de parti au Québec ont critiqué Christine Fréchette pour sa gestion de l’affaire. Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ, a qualifié sa réaction de mauvais théâtre et a suggéré que la CAQ aurait elle-même divulgué ces informations aux médias pour nuire au PQ, à deux jours du début du vote par anticipation. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a estimé que Fréchette n’était pas du tout en contrôle et a questionné l’absence de communication claire avec les autres partis. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a qualifié l’affaire de pétard mouillé, comparant cette stratégie à d’autres campagnes de peur menées par la CAQ. Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire, a pointé un manque de transparence de la part de la CAQ sur cet enjeu.
Christine Fréchette, cheffe de la CAQ, a affirmé avoir été informée de l’existence du texte du DARC il y a quelques jours. Elle a reconnu que des tentatives d’ingérence américaine pourraient exister pour déstabiliser le Canada et le Québec, notamment en exploitant les divisions politiques. Elle a mentionné que le ministère de la Sécurité intérieure et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) analysaient la situation. Fréchette a également souligné que le PQ prévoyait organiser un référendum sur la souveraineté dès son premier mandat, ce qui pourrait, selon elle, servir les intérêts américains en fragilisant le Canada.
Michelle Tessier, experte en sécurité nationale et ancienne sous-directrice des opérations au SCRS, a expliqué que pour qu’une action soit considérée comme une ingérence étrangère par le SCRS, elle doit remplir quatre critères : impliquer un État étranger, être clandestine, inclure des menaces et nuire à l’intérêt du Canada. Dans le cas présent, le texte du DARC n’est pas clandestin, car il a été rendu public. Tessier a souligné que même si cette affaire ne constitue pas une ingérence au sens strict, elle peut nonetheless créer des préoccupations sur le plan diplomatique. Elle a ajouté que le SCRS surveille l’intégrité des processus électoraux pour prévenir toute ingérence.
Cet épisode survient dans le cadre de la campagne électorale québécoise, où le vote par anticipation devait commencer deux jours après la révélation des allégations. Les chefs de parti s’affrontent sur la gestion de cette affaire, chacun interprétant les événements à leur avantage. Le PQ, visé par les allégations, dénonce une manœuvre politique, tandis que la CAQ maintient sa position sur une possible ingérence étrangère. Les autres partis, comme le PLQ et le PCQ, critiquent la confusion entourant cette affaire et appellent à la transparence.

