L’Iran tire sur ses voisins du Golfe en réponse à des frappes de l’armée américaine
L'archipel de Bahreïn, qui abrite une base navale américaine, dit avoir intercepté des tirs iraniens..
L’Iran a lancé des tirs de missiles et de drones vers plusieurs pays du Golfe Persique dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre 2026, en représailles à des frappes américaines. Ces attaques visaient notamment Bahreïn, le Koweït, l’Irak et le Liban. À Bahreïn, des systèmes de défense aérienne ont intercepté des projectiles iraniens, tandis qu’au Koweït, un drone a endommagé un complexe résidentiel sans faire de victime. En Irak, 10 drones chargés d’explosifs ont été interceptés près d’Erbil, une ville où des forces soutenues par l’Iran sont actives. Le Hezbollah, groupe armé allié à l’Iran, a également tiré deux drones sur des soldats israéliens au Liban, sans causer de dommages. Ces attaques marquent la fin d’une trêve d’un mois entre les États-Unis et l’Iran, relançant les tensions dans la région.
Les hostilités ont débuté après des frappes américaines ciblant des lance-roquettes iraniens situés sur une île du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Selon Washington, l’Iran préparait des opérations de minage dans cette zone, ce qui menaçait la liberté de navigation. Les médias iraniens rapportent qu’une frappe américaine a touché une maison lors d’une fête de mariage, faisant au moins 5 morts, dont un enfant, et 68 blessés. L’armée américaine a reconnu cette frappe mais affirme avoir visé des cibles militaires, niant toute intention de frapper des civils. Le président iranien Ebrahim Azizi a promis des représailles, tandis que le Commandement central américain justifie ses actions par la nécessité de protéger ses troupes et ses intérêts dans la région.
Le président américain Donald Trump a défendu les frappes, expliquant que les États-Unis avaient ciblé des systèmes radars iraniens en cours de reconstruction. Il a ajouté que les forces américaines contrôlaient désormais le détroit d’Ormuz et que l’économie iranienne était en déclin, affirmant que le régime ne pourrait plus longtemps résister. Trump a également indiqué qu’il ne forcerait pas l’Iran à négocier, qualifiant les accords passés de sans valeur. Il a menacé de riposter de manière plus forte si l’Iran lançait de nouvelles attaques. Ces déclarations interviennent alors que le prix du baril de pétrole Brent, référence mondiale, a dépassé 95 dollars américains, soit une hausse de plus de 30 % depuis le début du conflit.
Le détroit d’Ormuz est un point de passage crucial pour le transport du pétrole, avec environ 20 % du pétrole mondial transitant par cette voie. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, alliés à plusieurs pays du Golfe comme Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis, s’inscrivent dans un conflit plus large opposant Washington à Téhéran depuis des décennies. L’Iran soutient des groupes armés régionaux comme le Hezbollah au Liban ou des milices en Irak, tandis que les États-Unis maintiennent une présence militaire forte dans la région pour protéger leurs intérêts et ceux de leurs alliés. La reprise des combats après un mois de calme illustre la difficulté à stabiliser une zone déjà très volatile.

