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Géopolitique

Au cœur de la zone où se forme le “super-El Niño”, qui s’annonce comme du jamais-vu depuis quatre-vingts ans

Courrier International · mis à jour il y a 3 j

Le mensuel américain “The Atlantic” s’est rendu sur la zone “Niño 3.4”, dans l’océan Pacifique, l’endroit même dont le réchauffement signe l’émergence d’El Niño. Là, face à des températures qui devraient battre des records, les chercheurs s’inquiètent pour le corail.

Zone Niño 3.4

La zone Niño 3.4 est une portion rectangulaire de l’océan Pacifique, située à l’équateur et grande comme les deux tiers de la Chine. Elle s’étend sur environ 5 millions de km² et est surveillée en permanence par des satellites et des balises océanographiques. Cette zone est cruciale car c’est ici que se mesure l’émergence d’El Niño, un phénomène climatique naturel qui se produit tous les 2 à 7 ans. Une hausse de température de l’eau d’au moins 0,5°C pendant plusieurs mois consécutifs dans cette zone annonce le début d’un épisode El Niño. En 2026, les températures y sont anormalement élevées, laissant craindre un super-El Niño, le plus intense depuis quatre-vingts ans.

Kiritimati et Kiribati

Kiritimati, aussi appelé Christmas Island, est le plus grand atoll du monde et fait partie de l’archipel des Kiribati, un État insulaire du Pacifique. Ce territoire est particulièrement vulnérable au changement climatique en raison de son altitude moyenne inférieure à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le gouvernement de Kiribati planifie même des scénarios de déplacement de sa population en raison de la montée des eaux. En août 2026, Kristina Tietjen, une chercheuse, y a mené des études sur les récifs coralliens. Les eaux autour de Kiritimati, normalement fraîches, sont anormalement chaudes en raison du phénomène El Niño naissant, ce qui menace directement les écosystèmes marins.

Super-El Niño 2026

Le phénomène El Niño de 2026 s’annonce exceptionnel, avec des températures océaniques dans la zone Niño 3.4 qui devraient battre des records. Les scientifiques redoutent un super-El Niño, un épisode si intense qu’il n’a pas été observé depuis 1946. Ce phénomène perturbe les courants atmosphériques et océanique à l’échelle mondiale, entraînant des conséquences climatiques extrêmes : sécheresses prolongées en Afrique et en Australie, inondations en Amérique du Sud, vagues de chaleur en Asie, et perturbations des moussons en Inde. Les chercheurs craignent aussi des impacts sur les récifs coralliens, déjà fragilisés par le réchauffement climatique.

Rôle des chercheurs

Des scientifiques comme Kristina Tietjen étudient les récifs coralliens de Kiritimati pour évaluer l’impact d’El Niño. Leurs travaux visent à comprendre comment les coraux, qui blanchissent et meurent sous l’effet de la chaleur, pourraient s’adapter ou disparaître. Leurs observations sont complétées par des données satellites et des balises océaniques, qui mesurent en temps réel les variations de température et de salinité. Ces recherches sont essentielles pour anticiper les effets du réchauffement climatique et adapter les politiques de protection des écosystèmes marins. En 2026, leurs plongeons en tee-shirt au lieu de combinaisons illustrent l’ampleur du réchauffement en cours.

Conséquences mondiales

Un super-El Niño a des répercussions planétaires. En Indonésie, il amplifie les incendies sur des terres surexploitées, tandis qu’en Amérique centrale, il menace les récoltes et aggrave les risques de famine. Le canal de Panama, déjà fragilisé par la sécheresse, pourrait voir son trafic perturbé. L’ONU a alerté sur une zone de turbulences climatique, avec des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et intenses. Ces impacts touchent aussi l’économie mondiale, notamment l’agriculture et le commerce maritime. Les populations les plus vulnérables, comme celles des îles du Pacifique, sont les premières affectées.

Ce que ça pourrait changer

El Niño est un phénomène naturel cyclique, mais son intensité et sa fréquence pourraient être aggravées par le changement climatique. Le dernier *super-El Niño* remonte à 1997-1998, causant des dégâts estimés à 35 milliards de dollars et faisant 23 000 morts. En 2026, les scientifiques craignent que le réchauffement des océans, lié aux émissions de gaz à effet de serre, ne renforce encore la puissance de ces épisodes. *The Atlantic*, un magazine américain fondé en 1857, a publié un reportage sur cette zone critique pour alerter l’opinion publique et les décideurs politiques sur l’urgence climatique.

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