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Géopolitique

Léon XIV à Metz

Le Grand Continent · mis à jour 28 sept.

L’Europe guelfe a-t-elle trouvé son discours ? Nous commentons les mots du pape L’article Léon XIV à Metz est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Hommage à Schuman

L’article rend hommage à Robert Schuman, figure majeure de la construction européenne et originaire de la Moselle, où il a vécu et est enterré. La rencontre organisée à Metz s’inspire de sa célèbre déclaration du 9 mai 1950, considérée comme le point de départ de l’Europe unie. Schuman, souvent appelé père fondateur de l’Union européenne, y proposait une réconciliation entre les nations européennes après les deux guerres mondiales. Son engagement était motivé par une vision de paix durable, fondée sur le dialogue plutôt que sur les conflits armés. La Moselle, région frontalière marquée par des changements de souveraineté au XIXe et XXe siècles, a joué un rôle clé dans sa formation politique et humaine.

Définition de l'Europe

L’Europe est présentée comme une réalité avant tout culturelle et historique, bien plus que géographique. Elle s’est construite au fil des siècles à travers des périodes de croissance, de crises et de renaissances, intégrant progressivement des cultures variées comme les germaniques ou les slaves. Son identité repose sur des rencontres et des synthèses entre ces cultures, parfois conflictuelles mais toujours créatrices. Par exemple, la présence de la culture arabe en Espagne ou l’influence européenne en Amérique ont façonné des nouvelles formes de civilisation. L’Europe se définit donc comme un héritage commun, marqué par des valeurs partagées malgré ses divisions.

Rôle de saint Benoît

Saint Benoît, moine du VIe siècle, est considéré comme un messager de paix et un artisan de l’union pour l’Europe. Le pape Paul VI l’a proclamé patron de l’Europe en 1964, soulignant son influence majeure sur la civilisation européenne. Les moines bénédictins ont contribué à développer des domaines essentiels comme l’aide aux pauvres, l’éducation, la médecine, l’architecture, les sciences et le droit. À Metz, saint Chrodegang a diffusé un esprit bénédictin de fraternité, notamment à travers le chant grégorien, qui a harmonisé les territoires carolingiens. Sans cette base monastique, l’Europe moderne n’existerait pas sous sa forme actuelle.

Christianisme et valeurs

Le christianisme a profondément influencé les valeurs européennes, comme l’a souligné Robert Schuman. Il a enseigné l’égalité de tous les hommes, la dignité du travail et l’importance des valeurs intérieures. Schuman affirmait que le christianisme a fait reconnaître la primauté de l’amour et de la charité, fondant ainsi les relations sociales en Europe. Alcide De Gasperi, autre père fondateur, évoquait un héritage européen commun basé sur la morale, la fraternité évangélique et le respect du droit. L’article souligne que la référence au christianisme n’est pas un critère exclusif, mais une clé pour comprendre l’ouverture au transcendant comme source de civilisation.

Laïcité et dialogue

L’article aborde la relation entre laïcité et religion en Europe, notamment à travers l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce texte encourage un dialogue ouvert et régulier avec les églises, tout en respectant leur statut dans les États membres. La laïcité ne signifie pas l’exclusion des religions, mais une collaboration entre institutions civiles et religieuses, garantissant leur autonomie. L’Europe contemporaine doit concilier universalité des valeurs (droits humains, démocratie, État de droit) et ouverture au dialogue avec d’autres cultures. Le pape François insiste sur la nécessité d’harmonie constructive, sans hégémonie, pour préserver la paix et la cohésion sociale.

Défis contemporains

L’Europe fait face à des défis majeurs comme l’accueil des migrants et la gestion des crises géopolitiques. Le texte cite le pape François, qui rappelle que la dignité humaine exige des voies légales et sûres pour les migrants, ainsi qu’une intégration réelle dans les sociétés d’accueil. L’accueil ne se limite pas à une assistance matérielle, mais implique une intégration culturelle et sociale, permettant aux nouveaux arrivants de contribuer à la société. Cette rencontre entre peuples et cultures est présentée comme une opportunité pour redécouvrir les racines européennes et renforcer les valeurs universelles de paix et d’unité.

Paix et multilatéralisme

Robert Schuman prônait une Europe fondée sur le dialogue et la coopération, plutôt que sur la confrontation armée. Sa déclaration du 9 mai 1950 affirmait que l’Europe organisée pouvait contribuer à la paix mondiale en rendant la guerre matériellement impossible. Schuman critiquait l’illusion du réarmement, soulignant que la paix nécessite des efforts créatifs et non une course aux armements. L’Europe, selon lui, doit s’appuyer sur le droit international et le multilatéralisme, où les États sont égaux et où la parole donnée est respectée. Le Concordat de 1801 entre la France et le Saint-Siège, toujours en vigueur en Moselle, illustre cette tradition de dialogue entre l’État et les religions.

Ce que ça pourrait changer

Schuman insistait sur le fait que l’Europe ne se construirait pas d’un coup, mais par des *réalisations concrètes* et une *solidarité de fait*. Il rejetait l’idée d’une Europe parfaite et immédiate, rappelant que les progrès se font par des pas petits et patients. Cette vision s’oppose à la prétention moderne d’obtenir des résultats rapides. L’Europe doit cultiver la valeur du temps et de la patience pour construire une solidarité effective, où personne n’est laissé pour compte. Cette approche réaliste et progressive reste d’actualité pour répondre aux défis contemporains, notamment la gestion des crises migratoires et les tensions géopolitiques.

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