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Géopolitique

Mark Carney recherche une alliance “sur mesure” entre le Canada et l’Europe

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Le Premier ministre canadien a entamé son 19ᵉ voyage officiel sur le Vieux Continent avec une grande ambition, souligne le quotidien québécois “Le Devoir” : celle de conclure une alliance sur mesure avec l’Union européenne (UE), pour mieux faire contrepoids aux pressions de Donald Trump. Ce mercredi 16 septembre, Ursula von der Leyen a annoncé vouloir faire du Canada le “premier membre associé” de l’UE..

Objectif de l'alliance

Mark Carney, Premier ministre canadien, cherche à établir une alliance unique entre le Canada et l’Union européenne (UE) pour renforcer les liens économiques et politiques entre les deux régions. Cette initiative vise notamment à contrer les pressions commerciales des États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Contrairement à une adhésion à l’UE, qui nécessiterait des changements majeurs et est jugée improbable, cette alliance serait conçue sur mesure pour le Canada. Elle s’articulerait autour de secteurs stratégiques comme l’énergie, les minéraux critiques, la cybersécurité et la défense. Le 16 septembre 2026, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a évoqué la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé de l’UE, une idée saluée par les eurodéputés.

Statut de membre associé

Le terme membre associé de l’UE n’existe pas officiellement dans les traités européens. Il s’agit d’une expression utilisée pour décrire un partenariat renforcé, distinct d’une adhésion pleine et entière. Mark Carney a clarifié que le Canada ne souhaite pas rejoindre l’UE, mais plutôt établir une collaboration adaptée à ses besoins. Achim Hurrelmann, codirecteur du Centre d’études européennes de l’université Carleton, souligne que cette alliance serait unique car elle ne correspondrait ni au modèle norvégien (membre de l’Espace économique européen), ni à celui du Royaume-Uni après le Brexit. Le Canada et l’UE pourraient ainsi concevoir un cadre inédit, combinant coopération économique, politique et sécuritaire.

Contexte géopolitique

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Depuis 2025, Donald Trump multiplie les mesures protectionnistes, comme des droits de douane punitifs, ciblant notamment des entreprises canadiennes comme Bombardier. Le Canada cherche à diversifier ses partenariats pour réduire sa dépendance vis-à-vis de son voisin américain. Un sondage d’Abacus Data publié le 15 septembre 2026 révèle que 80 % des Canadiens soutiennent le rapprochement avec l’UE, et près de 50 % seraient favorables à une adhésion future, bien que celle-ci reste politiquement complexe. Pierre Poilievre, chef de l’opposition conservatrice, s’y oppose fermement, affirmant que le Canada ne doit pas devenir le 51e État américain ou le 28e État de l’UE.

Obstacles et défis

Plusieurs freins entravent ce rapprochement. D’abord, les échanges commerciaux entre le Canada et l’UE restent limités par des barrières comme la distance, les différences réglementaires et linguistiques. Ensuite, l’Accord économique et commercial global (AECG), signé en 2016 entre le Canada et l’UE, n’est toujours pas pleinement appliqué : seulement 10 des 27 États membres de l’UE l’ont ratifié. Mark Carney a appelé ces États à finaliser la ratification lors d’une interview au Financial Times le 15 septembre 2026, soulignant que cette alliance renforcerait la résilience économique des deux parties face aux pressions américaines. Enfin, la création d’un statut sui generis pour le Canada nécessitera des négociations complexes et une volonté politique forte des deux côtés de l’Atlantique.

Ce que ça pourrait changer

Mark Carney a entamé un voyage officiel en Europe le 15 septembre 2026, marqué par un discours devant le Parlement européen à Strasbourg le 17 septembre. Il rencontrera ensuite le président français Emmanuel Macron sur l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon le 20 septembre. Parallèlement, l’UE a annoncé l’ouverture prochaine d’un bureau satellite du Parlement européen à Ottawa, devenant le dixième bureau de ce type situé hors de l’UE. Ces avancées symbolisent une volonté de concrétiser cette alliance, mais leur succès dépendra des compromis trouvés entre les deux parties, notamment sur les questions commerciales et géopolitiques.

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