Le Rampart, la nouvelle arme anti-drones de la Marine nationale
Un nouveau lanceur d'armes, baptisé Rampart, a été repéré sur le porte-hélicoptères amphibie Mistral, juste avant son départ pour le golfe de Guinée. Sa promesse : abattre des drones bon marché sans gaspiller de missiles hors de prix..
La Marine nationale française a déployé une nouvelle arme appelée Rampart sur le porte-hélicoptères amphibie Mistral, avant son départ pour le golfe de Guinée. Ce système, officiellement nommé Lanceur Modulaire Polyvalent (LMP) par Naval Group, est conçu pour intercepter des drones à moindre coût. Contrairement aux missiles traditionnels, souvent bien plus chers que leurs cibles, le Rampart utilise des roquettes ou des munitions adaptées au prix des drones adverses, évitant ainsi un gaspillage financier. Ce système appartient à la famille des systèmes de défense rapprochée (CIWS), des armes destinées à neutraliser des menaces juste avant qu’elles n’atteignent leur cible. Le Rampart a été repéré sur le Mistral fin septembre 2026, lors de sa mission dans le cadre de l’opération Corymbe, une mission récurrente de la Marine nationale dans le golfe de Guinée.
Le Rampart est une tourelle modulaire capable d’accueillir différents types de munitions, comme des roquettes de 68 mm (guidées ou non), des missiles, des grenades, des leurres ou même des armes sous-marines. Cette polyvalence permet de s’adapter à des menaces variées, qu’elles soient aériennes, navales ou terrestres. Selon Naval Group, le système peut couvrir une zone de défense jusqu’à 8 kilomètres, voire 10 kilomètres selon certaines sources, avec une capacité de stockage d’une tonne de projectiles. Il a déjà été testé avec succès au sol en 2026 lors d’un démonstrateur à Canjuers, dans le Var, où des tirs de roquettes ont été réalisés. L’étape suivante consiste en des essais en mer, prévus à bord du Mistral en octobre 2026, dans le cadre de l’exercice Wildfire, axé sur la lutte anti-drones. Ce système pourrait être généralisé si les tests s’avèrent concluants.
L’émergence des drones comme armes bon marché et faciles à déployer a bouleversé les stratégies de défense navale. Par le passé, des marines comme celle des États-Unis ou la Marine nationale française ont dû abattre des drones adverses en utilisant des missiles coûteux, ce qui s’avère insoutenable financièrement. Le Rampart répond à ce problème en proposant une solution proportionnée au coût de la menace, c’est-à-dire une réponse adaptée au prix des drones ennemis. Naval Group s’appuie sur des partenariats avec Thales, KNDS et MBDA pour développer des munitions compatibles, comme les missiles Mistral ou Akeron. Ce système vise à optimiser les budgets militaires tout en renforçant la capacité de défense des navires français, notamment dans des zones où les drones se multiplient.
Le porte-hélicoptères amphibie Mistral est un navire de la Marine nationale, mais son armement traditionnel est limité : il dispose uniquement de 2 canons de 20 mm, 4 mitrailleuses de 12,7 mm et 2 systèmes d’autodéfense surface-air SIMBAD (missiles Mistral). Dans des zones comme le golfe de Guinée, où les drones se banalisent, cette configuration peut s’avérer insuffisante face à des menaces modernes. Le déploiement du Rampart sur le Mistral permet de combler partiellement ce manque en offrant une capacité de défense supplémentaire, même si cette région n’est pas considérée comme une zone à haut risque pour les drones kamikazes. À terme, le Rampart pourrait être installé sur d’autres navires, comme des frégates de premier rang ou le porte-avions Charles de Gaulle, ainsi que sur son successeur, le France Libre, qui intégrera également des systèmes laser.
Le Rampart est développé par *Naval Group*, un géant européen de la défense, en collaboration avec Thales, KNDS et MBDA. Ce système a été officiellement nommé *Rampart* en juin 2026 lors du salon *Eurosatory*, marquant une étape symbolique pour ce projet. Le *Mistral*, équipé du Rampart, a quitté la France fin septembre 2026 pour le golfe de Guinée, où il participera à la mission *Corymbe*. Ce déploiement vise à tester le système en conditions réelles, notamment face à des drones navals et des menaces aériennes variées. Naval Group a confirmé que des tirs en mer étaient prévus en octobre 2026, dans le cadre de l’exercice *Wildfire*, dédié à la lutte anti-drones. Si les résultats sont satisfaisants, le Rampart pourrait être généralisé à d’autres navires de la flotte française.

