Les cours reprennent dans les lycées, quelques blocages avant des manifestations
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray annonce un «plan d’urgence» sur les remplacements des enseignants.
Un mouvement de protestation mené par des lycéens et étudiants en France a débuté mi-septembre dans les quartiers populaires de la banlieue parisienne. Les manifestants dénoncent principalement l'état insalubre des bâtiments scolaires, des classes surchargées et le manque de professeurs remplacés, surtout dans les zones défavorisées. Ce mouvement, appelé l’acte III, a rassemblé entre 266 000 et 450 000 personnes lors d’une journée de mobilisation le mardi 6 octobre 2026. Les protestations ont parfois dégénéré en violences, avec des dégradations de bâtiments et des affrontements avec les forces de l’ordre. Le climat social est particulièrement tendu, à six mois seulement de l’élection présidentielle française.
Face à cette crise, le gouvernement français a tenté de désamorcer les tensions. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé jeudi 8 octobre 2026 un plan d’urgence pour accélérer le remplacement des enseignants absents, avec des mesures attendues sous quelques heures ou jours. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a également pris la parole la veille dans un discours enregistré, promettant des décisions concrètes « fin octobre », pendant les vacances d’automne. Cependant, les lycéens, comme Camille, 17 ans, à Nantes, ont réagi en déclarant : « On ne veut pas des paroles, on veut des actions. » Le gouvernement doit aussi gérer des discussions parlementaires complexes pour le budget 2027, qui prévoit 43 milliards d’euros de mesures pour réduire la dette publique, estimée à 119 % du PIB.
Jeudi 8 octobre 2026, 94 % des lycées français étaient ouverts, mais des blocages persistaient dans certains établissements. Les lycéens et étudiants ont appelé à des rassemblements dans plusieurs grandes villes, notamment place de la Bastille à Paris à 15 heures. En matinée, des manifestations ont eu lieu en région, rassemblant des milliers de jeunes. À Paris, des forces de l’ordre ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser une centaine de manifestants qui avaient bloqué une rue près de l’université d’Assas avec des vélos, des poubelles et des pommes de terre. Les organisations étudiantes réclament notamment 250 000 places supplémentaires à l’université et la suppression de Parcoursup, la plateforme d’orientation vers l’enseignement supérieur, jugée sélective. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a qualifié cette demande de « démagogie ».
Les violences lors des manifestations ont été ponctuelles mais marquantes : bâtiments incendiés, poubelles détruites et mobilier urbain vandalisé. La réponse policière a été critiquée, notamment après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade assourdissante à Lens. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la suspension de l’usage de ces grenades. Depuis le début du mouvement, 18 enquêtes ont été ouvertes par la police des polices (instance de contrôle des forces de l’ordre). Les chiffres des blessés sont élevés : 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation nationale, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes ont été blessés.
Le budget 2027 de la France prévoit 90,4 milliards d’euros pour l’Éducation nationale, soit une hausse de 1,4 %, derrière seulement la Défense. Malgré ces dépenses, les résultats du système éducatif français sont contrastés. Selon l’*OCDE* (Organisation de coopération et de développement économiques), la France dépense 24 % de plus par élève dans l’enseignement supérieur que la moyenne des autres pays, mais moins dans les niveaux inférieurs, comme l’enseignement primaire. Les performances des élèves français de 15 ans, mesurées par l’enquête *PISA* (programme international pour le suivi des acquis des élèves), ont atteint en 2025 leur plus bas niveau depuis la création du classement en 2000. Ces données soulignent les défis persistants du système éducatif français.

