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C’est officiel : la durée d’indemnisation du chômage baisse en France dès maintenant

Presse-Citron · mis à jour 6 sept.

Le gouvernement a fini par obtenir gain de cause pour réduire les droits sociaux des travailleurs..

Réforme de l'assurance chômage

Le gouvernement français a adopté une réforme qui réduit la durée d'indemnisation du chômage pour les personnes ayant signé une rupture conventionnelle de leur contrat de travail. Cette mesure s'applique dès maintenant et modifie les droits des demandeurs d'emploi concernés. Une rupture conventionnelle est un accord entre un salarié et son employeur pour mettre fin à un contrat de travail à l'amiable, sans passer par un licenciement ou une démission. En échange, le salarié perçoit des indemnités de chômage, contrairement à une démission classique. La réforme a été votée le 26 mai 2026 par les députés, avec 180 voix pour et 60 contre.

Durée d'indemnisation réduite

La réforme réduit la durée maximale d'indemnisation du chômage pour les bénéficiaires d'une rupture conventionnelle. Pour les moins de 55 ans, cette durée passe de 18 à 15 mois. Pour les plus de 55 ans, elle est fixée à 20,5 mois. Le gouvernement justifie cette mesure en affirmant que les personnes en rupture conventionnelle, souvent plus qualifiées, restent plus longtemps au chômage que les autres demandeurs d'emploi. Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré que ces bénéficiaires étaient « mieux armés pour retrouver un emploi ». Cette réduction s'applique immédiatement, sans période de transition.

Profil des bénéficiaires

Contrairement aux idées reçues, les ruptures conventionnelles concernent principalement des employés et des salariés modestes. En 2019, 51 % des personnes ayant signé une rupture conventionnelle étaient des employés, contre seulement 30 % dans l'ensemble des salariés en CDI. Les cadres, souvent perçus comme les principaux bénéficiaires, ne représentaient que 20 % des cas. Ces données proviennent d'une étude citée par le magazine Alternatives Économiques, qui souligne que la rupture conventionnelle est souvent le dernier recours pour des salariés en souffrance, notamment ceux des classes populaires, des services ou des familles monoparentales.

Conséquences pour les salariés

Pour de nombreux salariés, la rupture conventionnelle est un moyen de quitter un emploi sans risquer un licenciement conflictuel ou des poursuites judiciaires longues. Elle permet aussi de se reconvertir professionnellement ou de changer de secteur. Cependant, la réforme risque de compliquer cette démarche. Gwendal Roblin, doctorant en sociologie à l'Université de Poitiers, explique que les salariés modestes, notamment ceux avec des horaires atypiques ou des responsabilités familiales, pourraient être contraints de rester dans un emploi insatisfaisant par peur de perdre leurs droits au chômage. La mesure est donc perçue comme un durcissement des conditions pour les travailleurs les plus vulnérables.

Ce que ça pourrait changer

La réforme a été adoptée malgré l'opposition de 60 députés. Le gouvernement défend cette mesure comme une nécessité pour réduire les dépenses de l'assurance chômage et inciter les demandeurs d'emploi à retrouver plus rapidement un emploi. Cependant, les critiques soulignent que cette décision pénalise les salariés les moins favorisés. Les syndicats et certains économistes dénoncent un choix politique qui aggrave les inégalités sociales, en ciblant spécifiquement les travailleurs en rupture conventionnelle plutôt que l'ensemble des chômeurs. Le débat reste ouvert sur l'efficacité réelle de cette réforme pour l'emploi en France.

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