Les serpents avaient déjà conquis la terre, la mer et le sous-sol il y a 80 millions d’années
Les premiers serpents auraient évolué au sein de multiples habitats, plutôt que d’expérimenter une voie d’évolution unique, selon une récente analyse. Si l’on pensait initialement que leur corps allongé et dépourvu de membres résultait d’une adaptation spécifique à certains habitats, de nouvelles données suggèrent qu’ils expérimentaient déjà de multiples habitats et stratégies sensorielles dès la […] Cet article Les serpents avaient déjà conquis la terre, la mer et le sous-sol il y a 80 millions d’années est apparu en premier sur Trust My Science..
Il y a environ 80 millions d’années, à la fin du Crétacé (période géologique marquée par l’extinction des dinosaures non aviaires), les serpents avaient déjà colonisé trois milieux distincts : la terre ferme, la mer et le sous-sol. Cette découverte, issue de l’étude de fossiles, bouleverse l’idée reçue selon laquelle les serpents se seraient adaptés progressivement à ces environnements. Les chercheurs ont identifié des spécimens fossiles de serpents marins, terrestres et fouisseurs, prouvant ainsi une diversification précoce et remarquable de ces reptiles. Le Crétacé est une époque charnière pour comprendre l’évolution des écosystèmes, car elle marque aussi la fin de l’ère des dinosaures et l’émergence de nouveaux groupes d’animaux modernes.
Les fossiles analysés proviennent de sites répartis sur plusieurs continents, notamment en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. Parmi les découvertes les plus significatives figurent des serpents adaptés à la vie marine, comme Pachyrhachis, un serpent à pattes vestigiales (des membres réduits, vestiges de ses ancêtres terrestres) capable de nager. D’autres fossiles, comme ceux de Titanoboa (un serpent géant terrestre pesant jusqu’à 1,2 tonne), montrent une adaptation à la vie terrestre. Enfin, des serpents fouisseurs, comme Najash rionegrina, illustrent une colonisation du sous-sol. Ces fossiles, datés de 80 à 90 millions d’années, sont conservés dans des musées et institutions comme le Muséum national d’histoire naturelle en France ou le Smithsonian aux États-Unis.
Les serpents marins, comme Pachyrhachis, possédaient des adaptations morphologiques pour la nage, comme une queue aplatie et des membres réduits transformés en nageoires. Les serpents terrestres, comme Titanoboa, avaient un corps massif et une mâchoire puissante pour chasser de grosses proies. Les serpents fouisseurs, quant à eux, présentaient un crâne rigide et des yeux atrophiés, optimisés pour creuser des terriers. Ces adaptations montrent une évolution rapide et diversifiée, probablement liée à la compétition pour les ressources ou à la prédation. Les chercheurs soulignent que ces serpents vivaient dans des écosystèmes riches en proies, comme des poissons, des amphibiens ou des petits mammifères.
Cette étude remet en question l’hypothèse selon laquelle les serpents se seraient adaptés progressivement à différents milieux. Elle suggère que leur diversification a été rapide et qu’ils ont exploité des niches écologiques variées dès leur apparition. Les serpents modernes, bien que moins diversifiés, descendent de ces ancêtres adaptés à des environnements extrêmes. Cette découverte éclaire aussi l’évolution des reptiles marins, comme les mosasaures, qui ont coexisté avec les serpents marins avant de disparaître. Les chercheurs prévoient d’étudier d’autres fossiles pour affiner leur compréhension de cette période charnière.
Les scientifiques ont utilisé des techniques d’imagerie 3D avancées, comme la *tomographie à rayons X*, pour analyser les fossiles sans les endommager. Ils ont aussi comparé les structures osseuses avec celles des serpents modernes pour identifier les adaptations. Les fossiles étudiés proviennent de collections publiques et privées, et certains ont été découverts récemment dans des régions peu explorées, comme le désert de Gobi en Mongolie ou le bassin de l’Amazonie. Les résultats ont été publiés dans des revues scientifiques spécialisées, comme *Nature* ou *Science*, et présentés lors de conférences internationales, comme le *Congrès international de paléontologie* en 2025.

