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Généraliste

Culpabilité, douleur et incrédulité à l’audience sur la peine de Kenneth Law

ICI Radio-Canada · mis à jour 23 sept.

Le résident de Mississauga a vendu du nitrite de sodium à ses 14 victimes ontariennes de 2021 à 2023..

Affaire Kenneth Law

Kenneth Law, un homme de 60 ans, a reconnu avoir vendu des trousses de suicide en ligne au Canada et à l'étranger entre 2021 et 2023. Il a plaidé coupable en mai 2024 d'accusations d'incitation au suicide. Ses victimes au Canada avaient entre 16 et 36 ans. Le procès vise à déterminer sa peine, avec un risque maximal de 14 ans de prison. Les audiences se déroulent au tribunal de Newmarket, en Ontario. La Couronne présente 74 déclarations d'impact de familles de victimes pour illustrer les conséquences de ces actes. Ces déclarations décrivent la douleur, la culpabilité et l'incrédulité des proches face à la perte de leurs êtres chers.

Témoignage d'Elizabeth Belien

Elizabeth Belien, une Britannique de 23 ans à l'époque des faits, a témoigné avoir acheté du nitrite de sodium à Kenneth Law en décembre 2022. Elle a ingéré le poison le 29 janvier 2023, mais a été sauvée grâce à un antidote administré à l'hôpital. Elle souffrait de problèmes de santé mentale et cherchait une issue à son désespoir. Ses séquelles incluent des idées noires persistantes, des troubles de concentration et de sommeil. Elle exprime un sentiment de culpabilité de survivre, une méfiance accrue envers les autres et une honte liée à son acte. Son témoignage illustre comment Kenneth Law a exploité sa vulnérabilité. Elle est désormais en thérapie et espère reconstruire sa vie, tout en reconnaissant l'impact durable de cette expérience.

Souffrance des familles

Les familles des victimes ont partagé leur douleur lors des audiences. Sandra Scott, mère d'Amara décédée à 25 ans en 2022, décrit une souffrance insupportable depuis son suicide. Elle entend encore la voix de sa fille dans son sommeil et ne voit pas de fin à son chagrin. Linda Coutts, mère de Tyler Brisson (34 ans, décédé en 2023), évoque un tsunami de tourments et souligne l'absence de soutien adapté pour son fils. Kim Prosser, mère d'Ashton Prosser-Lake (décédé à 25 ans en 2023), a appris sa mort par téléphone, 90 minutes après un dernier appel où il semblait simplement fatigué. Cindy McMahon, mère de Clayton Choquette (32 ans, décédé en 2023), décrit un vide impossible à combler et une perte de confiance généralisée. Ces témoignages révèlent l'ampleur des traumatismes subis par les proches.

Impact sur les proches

Les déclarations des familles mettent en lumière les conséquences psychologiques et physiques de ces drames. Plusieurs parents évoquent des problèmes de santé mentale, des tentatives de suicide ou une incapacité à travailler. Adrienne Dalli, sœur de Mauricio Vadala (décédé à 25 ans en 2023), décrit une famille brisée et un sentiment d'injustice. Les proches soulignent aussi leur rôle dans la gestion des affaires administratives liées au décès, comme les testaments, une tâche souvent perçue comme insupportable. Ces récits montrent comment la mort d'un enfant ou d'un proche transforme irréversiblement la vie de ceux qui restent, avec des séquelles durables sur leur santé et leurs relations.

Contexte judiciaire

Le procès se déroule à Newmarket, en Ontario, sous la présidence de la juge Michelle Fuerst. La Couronne lit ou fait lire 74 déclarations d'impact sur six jours pour illustrer l'ampleur des dommages causés par Kenneth Law. L'accusé écoute ces témoignages sans émotion apparente. Son avocat, Matthew Gourlay, et le procureur Peter Westgate participent aux débats. La défense n'a pas encore présenté ses arguments. La peine maximale encourue est de 14 ans de prison. Les familles des victimes espèrent que cette audience permettra d'obtenir justice et de prévenir de futures tragédies similaires.

Ce que ça pourrait changer

L'article rappelle l'existence de ressources pour les personnes en détresse ou leurs proches. La *ligne d'aide en cas de crise de suicide* est accessible au 988 (appel ou SMS). *Jeunesse, j'écoute* propose un soutien par téléphone au 1 800 668-6868 ou par SMS au 686868, ainsi qu'un clavardage en direct sur leur site web. L'*Association canadienne pour la prévention du suicide* permet de trouver des services d'intervention par province ou territoire. Ces ressources visent à offrir un soutien immédiat en cas de crise ou de deuil, ainsi qu'un accompagnement en santé mentale. Leur mention souligne l'importance de ne pas rester seul face à la souffrance.

Sujets complémentaires

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