Le secrétaire aux Transports américain critique Ford pour ses liens avec la Chine
Le gouvernement est «alarmé» par l’utilisation de batteries CATL par le constructeur automobile..
Le secrétaire aux Transports des États-Unis, Sean Duffy, a adressé une lettre publique au PDG de Ford, Jim Farley, pour critiquer les liens du constructeur automobile avec des entreprises chinoises. Dans ce courrier, daté du 2 septembre et publié sur le site du département des Transports, Sean Duffy exprime une vive inquiétude quant aux « décisions stratégiques récentes » de Ford. Selon lui, ces choix montrent que la marque américaine, symbole historique de l'industrie nationale, s'appuie de plus en plus sur des technologies et des partenariats chinois soutenus par l'État. Le département des Transports est particulièrement « alarmé » par l'utilisation de batteries fabriquées par le groupe chinois CATL dans une usine de Ford située à Marshall, dans le Michigan. Sean Duffy estime que cette dépendance va à l'encontre des objectifs américains en matière de sécurité nationale, d'indépendance économique et de maîtrise des chaînes d'approvisionnement.
Sean Duffy a également pointé du doigt d'autres collaborations de Ford avec des entreprises chinoises, notamment une coentreprise avec le groupe Geely en Espagne. Il a aussi critiqué le retard pris par Ford pour rapatrier aux États-Unis la production de modèles Lincoln, actuellement fabriqués en Chine, repoussé à 2030. Selon le secrétaire aux Transports, ces décisions illustrent une stratégie de dépendance envers des concurrents stratégiques, ce qui est incompatible avec le rôle attendu d'un partenaire fiable pour le public et le gouvernement américains. Ford a réagi en qualifiant ces critiques de « tentatives malavisées de faire les gros titres » et en affirmant qu'elles contenaient des « erreurs factuelles ». Le constructeur a souligné qu'il avait investi 3 milliards de dollars dans l'usine de Marshall, créant 1700 emplois, et que cette usine reste sous contrôle américain.
Ford a rejeté les accusations du gouvernement américain en précisant que son partenariat avec CATL se limite à un « accord de licence technologique et de services ». L'entreprise insiste sur le fait que cette collaboration ne crée ni coentreprise ni usine détenue par des intérêts étrangers. Ford affirme être propriétaire de l'usine de Marshall, en contrôler les opérations et employer les salariés locaux. Le constructeur a également rappelé que ses initiatives en matière de chaîne d'approvisionnement avaient été saluées par des responsables de l'administration Trump, notamment pour l'investissement de 3 milliards de dollars dans l'usine du Michigan. Ford a regretté que le secrétaire aux Transports n'ait pas contacté l'entreprise avant de rendre sa lettre publique, proposant de fournir des éclaircissements supplémentaires si nécessaire.
Cet échange s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, notamment sur les technologies stratégiques comme les batteries pour véhicules électriques. CATL, l'un des plus grands fabricants mondiaux de batteries, est basé en Chine et bénéficie du soutien de l'État chinois. Les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance aux technologies chinoises pour des raisons de sécurité nationale et d'autonomie industrielle. L'usine de Marshall, dans le Michigan, est présentée par Ford comme un symbole de son engagement pour l'emploi et la production locale, avec un investissement de 3 milliards de dollars et la création de 1700 postes. Cependant, l'utilisation de technologies chinoises dans cette usine soulève des questions sur la capacité des États-Unis à maîtriser pleinement leur chaîne de valeur dans le secteur automobile.

