L’opposition à Montréal veut convoquer le chef du SPVM
Fady Dagher doit revenir s’expliquer après de nouvelles allégations visant un policier qui aurait uriné sur un sans-abri..
À Montréal, l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, dirigée par Projet Montréal et représentée par la cheffe Ericka Alneus, demande la convocation urgente du chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher. Cette demande s’inscrit dans un contexte de tensions autour de comportements policiers jugés inacceptables. L’opposition souhaite organiser une séance extraordinaire du conseil municipal dans les sept jours pour interroger le chef de la police. Ericka Alneus a souligné que ces allégations, comme celle d’un policier ayant uriné sur un sans-abri, sapent la confiance des citoyens envers les forces de l’ordre et remettent en question la gestion interne des incidents au sein du SPVM.
Les allégations concernent des policiers des postes de quartier 39 (Montréal-Nord) et 21. À Montréal-Nord, quatre policiers ont déjà été suspendus pour des gestes racistes répétés envers des personnes noires et arabes, et un groupe de 16 policiers a été dissous et retiré du terrain en juin 2026. Ces incidents ont été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui déterminera s’il y a matière à des accusations criminelles. Une enquête est également en cours pour les policiers du poste 21, où un policier est accusé d’avoir uriné sur un sans-abri. Ces comportements sont décrits comme une « trahison de l’uniforme » par Fady Dagher, le chef du SPVM.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a reconnu que ces allégations risquent d’éroder la confiance des citoyens envers la police. Elle a accepté de débattre de la motion d’urgence déposée par Projet Montréal, tout en insistant sur la nécessité de préserver l’indépendance des enquêtes, notamment celles menées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). La mairesse a également souligné que ces incidents ne doivent pas occulter les efforts positifs du SPVM et des organismes communautaires. Elle a précisé que la motion de l’opposition pourrait nuire aux enquêtes en cours.
Ces événements surviennent dans un contexte où plus de 60 % des Montréalais vivent en logement, et où une partie importante des locataires peine à payer leur loyer en raison de l’augmentation du coût de la vie. L’opposition a profité de l’occasion pour déposer une motion visant à demander au gouvernement du Québec de plafonner la hausse des loyers et de créer un registre des loyers. Cette proposition s’ajoute aux préoccupations liées à la gestion des comportements policiers et à la confiance du public envers les institutions.
Le *Directeur des poursuites criminelles et pénales* (DPCP) joue un rôle clé dans ce dossier, car il doit évaluer si les allégations méritent des poursuites judiciaires. La *Gendarmerie royale du Canada* (GRC) mène également des enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur ces incidents. Le SPVM, dirigé par Fady Dagher, est au cœur de ces controverses, avec des mesures déjà prises comme la suspension et le retrait de policiers, mais aussi des critiques sur sa gestion interne des cas de mauvaise conduite.

