Sodas et jus de fruits bus dès l'enfance augmenteraient le risque d'hypertension plus tard, révèle une étude menée sur 25 ans
On croit souvent le jus de fruits inoffensif, voire bon pour la santé. Pourtant, avalé chaque jour, il pèse presque autant qu'un soda sur la tension.
Une étude scientifique publiée en 2026 a suivi pendant 25 ans les habitudes de consommation de boissons sucrées chez des enfants, puis évalué leur risque d'hypertension à l'âge adulte. Les chercheurs ont analysé les données de milliers de participants, en comparant notamment ceux qui consommaient régulièrement des sodas ou des jus de fruits dès l'enfance avec ceux qui en buvaient moins. L'objectif était de déterminer si ces habitudes alimentaires précoces pouvaient influencer la pression artérielle plusieurs décennies plus tard. Cette étude s'inscrit dans le cadre plus large des recherches sur les liens entre alimentation précoce et santé cardiovasculaire à long terme.
Les résultats de l'étude montrent une corrélation significative entre la consommation de sodas et de jus de fruits dans l'enfance et un risque accru d'hypertension à l'âge adulte. Plus précisément, les enfants buvant régulièrement ces boissons sucrées (plusieurs fois par semaine) avaient, à l'âge adulte, une probabilité plus élevée de développer une hypertension artérielle. L'hypertension, ou pression artérielle élevée, désigne une force excessive du sang contre les parois des artères, ce qui peut endommager les vaisseaux sanguins et augmenter le risque de maladies cardiovasculaires comme les crises cardiaques ou les AVC. Les chercheurs estiment que cette association pourrait s'expliquer par plusieurs facteurs, notamment l'apport élevé en sucres ajoutés, qui favorise la prise de poids et la résistance à l'insuline, deux éléments liés à l'hypertension.
Plusieurs mécanismes biologiques pourraient expliquer pourquoi les boissons sucrées consommées dès l'enfance augmentent le risque d'hypertension plus tard. D'abord, ces boissons sont souvent riches en fructose, un type de sucre qui, en excès, favorise la production de graisses dans le foie et augmente la résistance à l'insuline. Ensuite, elles sont généralement pauvres en nutriments essentiels, ce qui peut entraîner des carences alimentaires et perturber le métabolisme. Enfin, une consommation excessive de sucres peut entraîner une prise de poids, un facteur de risque majeur pour l'hypertension. Les chercheurs soulignent aussi que les habitudes alimentaires formées dans l'enfance ont tendance à persister à l'âge adulte, ce qui peut aggraver les effets négatifs sur la santé.
Face à ces résultats, les auteurs de l'étude recommandent de limiter la consommation de sodas et de jus de fruits chez les enfants, et ce dès le plus jeune âge. Ils suggèrent de privilégier l'eau, le lait ou des alternatives sans sucre ajouté pour étancher la soif. Les experts rappellent aussi l'importance d'une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, en céréales complètes et en protéines maigres, pour prévenir les risques cardiovasculaires. Ils encouragent les parents à adopter ces bonnes habitudes alimentaires pour leurs enfants, tout en limitant l'exposition aux publicités pour les boissons sucrées, qui peuvent influencer leurs choix. Ces recommandations s'alignent sur les conseils des organisations de santé publique, qui prônent une réduction de la consommation de sucres ajoutés pour lutter contre l'obésité et les maladies chroniques.
Comme toute étude observationnelle, cette recherche présente certaines limites qu'il est important de prendre en compte. D'abord, elle ne prouve pas un lien de cause à effet direct entre la consommation de sodas dans l'enfance et l'hypertension à l'âge adulte, mais seulement une association statistique. Ensuite, d'autres facteurs, comme l'activité physique, le tabagisme ou la génétique, n'ont pas été pris en compte dans cette analyse. Enfin, les données sur les habitudes alimentaires des participants reposent sur des déclarations personnelles, ce qui peut introduire des biais. Les chercheurs appellent donc à des études complémentaires pour confirmer ces résultats et explorer les mécanismes sous-jacents de manière plus approfondie.

