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Société

Pourquoi les écoles appellent-elles toujours les mères en premier, ajoutant à leur charge mentale?

Slate FR · mis à jour il y a 13 j

Une expérience menée auprès de 80.000 directeurs d'école révèle un biais persistant: le parent sollicité par défaut reste la mère. Une habitude institutionnelle qui pèse lourdement sur la carrière et l'emploi du temps des femmes..

Charge mentale parentale

La charge mentale parentale désigne l'ensemble des tâches invisibles et chronophages liées à l'éducation des enfants, comme organiser les rendez-vous médicaux, inscrire aux activités extrascolaires ou répondre aux communications de l'école. Les études montrent que, même lorsque les deux parents travaillent à temps plein, les mères assument en moyenne 60 % de ces responsabilités, contre 40 % pour les pères. Cette répartition inégale a des conséquences majeures : elle génère un stress chronique, un épuisement professionnel et influence la perception de l'équité au sein du couple. Par exemple, les mères consacrent en moyenne 1,4 fois plus de temps que les pères aux tâches parentales, selon des données issues de recherches en sciences sociales. Cette charge mentale dépasse le cadre familial et impacte aussi la carrière des parents, limitant leurs opportunités professionnelles et leur niveau de rémunération.

Rôle des écoles

Une étude menée en 2022 par des économistes américains a révélé que les écoles contacteront plus souvent les mères que les pères pour des questions liées aux enfants, même lorsque les deux parents sont tout aussi disponibles. Sur plus de 80 000 établissements scolaires interrogés, 60 % des directeurs ont appelé la mère en premier, contre 40 % pour le père. Cette tendance persiste même lorsque l'e-mail précise que le père est le parent le plus disponible. Par exemple, lorsque le père envoie un message en mettant la mère en copie, les écoles restent plus enclines à contacter cette dernière. Les chercheurs soulignent que ces décisions, prises rapidement et sans mauvaise intention, s'appuient sur des habitudes et des stéréotypes de genre ancrés. Ces appels, bien que ponctuels, s'accumulent au fil de l'année scolaire et renforcent la charge mentale des mères.

Origines des inégalités

Les inégalités dans la répartition des tâches parentales ne résultent pas uniquement des choix familiaux, mais aussi des attentes extérieures. Les écoles, comme d'autres organisations (cabinets médicaux, clubs sportifs), contactent davantage les mères, ce qui perpétue un déséquilibre. Par exemple, les professionnels de la petite enfance ou les entraîneurs ont aussi tendance à privilégier les mères pour les communications. Ce phénomène s'explique par des biais inconscients : les établissements scolaires, en l'absence d'informations précises, supposent que les mères sont plus réactives. Ainsi, même des couples partageant équitablement les responsabilités au sein du foyer peuvent voir ces inégalités se renforcer à l'extérieur. Les chercheurs notent que ces habitudes, répétées des milliers de fois, deviennent des normes difficiles à briser.

Solutions possibles

Pour réduire ces inégalités, les écoles peuvent mettre en place des procédures claires dès la rentrée scolaire. Par exemple, elles pourraient demander aux familles de préciser qui doit être contacté en priorité ou désigner différentes personnes selon les situations. Ces mesures permettent de refléter les choix de répartition des responsabilités au sein de chaque famille. Les chercheurs insistent sur l'importance de ces ajustements, car ils peuvent atténuer la charge mentale des mères et favoriser une meilleure équité. Cependant, ils reconnaissent que ces changements nécessitent une prise de conscience collective des biais inconscients qui persistent dans les institutions.

Ce que ça pourrait changer

La tendance des écoles à contacter les mères en premier n'est qu'un exemple parmi d'autres de la manière dont les institutions renforcent, sans le vouloir, les inégalités de genre. D'autres secteurs, comme la santé ou les activités extrascolaires, adoptent des comportements similaires. Par exemple, les mères sont 1,4 fois plus susceptibles de prendre des rendez-vous médicaux pour leurs enfants. Ces sollicitations répétées, bien que mineures individuellement, s'accumulent et pèsent davantage sur les épaules des mères. Cette charge mentale contribue à maintenir les écarts de genre dans la société, même au sein des couples qui s'efforcent de partager équitablement les responsabilités parentales.

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