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L’Europe lance un cloud géant pour ses données satellites avec OVHcloud et CGI : un projet destiné à accélérer le traitement des données orbitales

Presse-Citron · mis à jour 28 sept.

L'Agence spatiale européenne a confié à ces deux entreprises le soin de bâtir Digital EO, la plateforme qui devra accueillir toutes ses données d'observation de la Terre par satellite. Un chantier colossal, hébergé entièrement sur le sol européen..

Nouveau cloud européen

L’Agence spatiale européenne (ESA) a sélectionné deux acteurs pour construire une infrastructure cloud dédiée à ses données satellitaires. OVHcloud, premier fournisseur européen de solutions cloud, et CGI, une entreprise canadienne spécialisée dans les technologies de l’information, ont été choisis pour développer Digital EO. Ce projet vise à centraliser le stockage, le traitement et l’analyse des données d’observation de la Terre collectées par les satellites européens. La plateforme Digital EO intégrera également des outils d’intelligence artificielle pour faciliter l’accès aux données par les chercheurs, les institutions publiques et les entreprises. Le contrat, d’une durée de 30 mois, représente un investissement de plusieurs millions d’euros, bien que le montant exact n’ait pas été communiqué.

Objectifs stratégiques

L’un des principaux objectifs de Digital EO est de renforcer l’autonomie technologique de l’Europe face aux géants américains du cloud, comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud, qui dominent actuellement le marché. En développant sa propre infrastructure, l’Europe cherche à éviter de dépendre de lois extraterritoriales américaines, comme le Cloud Act, qui pourraient permettre à ces entreprises de transmettre des données européennes à des autorités étrangères. Octave Klaba, PDG d’OVHcloud, a souligné l’importance pour l’Europe de maîtriser les infrastructures stratégiques de ses programmes spatiaux. Le projet s’inscrit dans une volonté plus large de souveraineté numérique européenne.

Infrastructure décentralisée

L’architecture de Digital EO sera répartie dans trois pays européens : l’Allemagne, la France et l’Italie. Le centre de support opérationnel de la plateforme sera basé en Pologne. Cette décentralisation permet de répartir les risques et d’assurer une meilleure résilience du système. D’ici 2035, l’ESA prévoit de stocker plus de 500 pétaoctets de données d’observation de la Terre, un volume colossal qui dépasse les capacités actuelles de traitement dispersées entre plusieurs acteurs. La plateforme sera également conçue pour s’interconnecter avec des infrastructures existantes, comme Copernicus (programme européen d’observation de la Terre) et DestinE (un jumeau numérique de la planète).

Ce que ça pourrait changer

Parallèlement au développement de *Digital EO*, l’ESA a confié à deux autres entreprises la conception d’une architecture souveraine d’observation de la Terre. *ICEYE*, un fabricant finlandais de microsatellites radar, et *Leonardo*, un groupe italien spécialisé dans l’aérospatial et la défense, travailleront sur un système axé sur la sécurité des gouvernements européens. Ce projet reflète une volonté de réduire la dépendance de l’Europe envers les technologies étrangères et de renforcer ses capacités d’observation autonome. Ces initiatives interviennent après des retards répétés dans d’autres programmes spatiaux européens, comme *Galileo* (système de navigation par satellite) ou *Ariane 6* (fusée européenne), ce qui soulève des questions sur la capacité de l’UE à respecter les délais.

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