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Des chercheurs ont découvert le plus vieux cas de maltraitance infantile, il y a 6 000 ans en Syrie

Science & Vie · mis à jour il y a 25 j

La maltraitance des tout-petits laisse rarement de traces dans les os anciens, et les cas connus se comptent sur les doigts d'une main. Un squelette de nourrisson exhumé en Syrie vient allonger cette courte liste, et ravive une question dérangeante sur la maltraitance infantile aux origines des villes..

Découverte archéologique

Des chercheurs ont identifié en Syrie le plus ancien cas connu de maltraitance infantile, remontant à environ 6 000 ans, soit vers 4 000 avant notre ère. Cette découverte a été réalisée lors de fouilles archéologiques dans une région où vivaient des sociétés néolithiques, marquées par l’émergence de l’agriculture et des premiers villages sédentaires. Les scientifiques ont analysé les ossements d’un enfant d’environ 3 ans, retrouvés dans un site funéraire près de la ville actuelle de Tell Brak, un important site archéologique syrien. L’étude des fractures et des lésions sur ces os a révélé des traumatismes compatibles avec des violences physiques répétées, suggérant un traitement violent de la part de son entourage, probablement sa famille ou sa communauté.

Analyse des traumatismes

Les chercheurs ont utilisé des techniques d’imagerie médicale avancée, comme la tomodensitométrie (scanner 3D), pour examiner les os de l’enfant. Ils ont identifié plusieurs fractures consolidées, c’est-à-dire des os qui se sont ressoudés après avoir été brisés, ainsi que des traces de coups portés sur des zones sensibles comme les côtes ou les membres. Ces lésions ne correspondent pas à des accidents naturels, mais bien à des actes de violence intentionnelle. Les os des mains et des pieds présentaient également des signes de fractures anciennes, indiquant que l’enfant a subi des maltraitances sur une période prolongée. Cette analyse a permis d’écarter d’autres causes possibles, comme une maladie osseuse ou une malnutrition sévère.

Contexte historique

Cette découverte éclaire les pratiques sociales et familiales des sociétés néolithiques, une période charnière où les humains sont passés d’un mode de vie nomade à une vie sédentaire organisée autour de l’agriculture. À cette époque, les communautés vivaient souvent dans des villages entourés de murs, comme celui de Tell Brak, qui comptait plusieurs milliers d’habitants. Les chercheurs soulignent que cette maltraitance ne reflète pas nécessairement une généralisation de la violence envers les enfants à l’époque, mais plutôt un cas isolé documenté pour la première fois. Les sociétés néolithiques étaient déjà structurées autour de hiérarchies sociales et de rôles familiaux, ce qui pouvait influencer les dynamiques de pouvoir au sein des foyers.

Ce que ça pourrait changer

Cette trouvaille est majeure car elle repousse de plusieurs millénaires la preuve archéologique de maltraitance infantile. Auparavant, les plus anciens cas documentés dataient de l’Antiquité, comme ceux retrouvés en Égypte ou en Grèce. Les chercheurs estiment que cette découverte pourrait aider à comprendre l’évolution des normes sociales et des comportements violents au fil des siècles. Elle montre aussi que les violences envers les enfants ne sont pas un phénomène récent, mais remontent à des époques où les structures familiales et communautaires étaient très différentes des nôtres. Cette étude a été publiée dans une revue scientifique spécialisée en archéologie, confirmant sa validité méthodologique.

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