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Environnement

EPR de Flamanville : un an d'arrêt pour contrôler un réacteur au parcours émaillé d'incidents

Reporterre · mis à jour 25 sept.

Douze ans de retard, de multiples aléas techniques et maintenant un an d'arrêt forcé pour l' EPR de Flamanville qui doit subir une vaste inspection de contrôle. L'occasion, entre autres, de remplacer le couvercle de la cuve défectueuse.

EPR de Flamanville

L’EPR (European Pressurized Reactor) est un type de réacteur nucléaire de troisième génération, conçu pour être plus sûr et plus performant que les modèles précédents. Il s’agit du premier réacteur de ce type construit en France, situé à la centrale nucléaire de Flamanville, dans la Manche. Ce projet, lancé en 2007, devait initialement être opérationnel en 2012, mais il a connu de nombreux retards et incidents. Le réacteur, d’une puissance de 1 650 mégawatts (MW), devait alimenter environ 1,5 million de foyers en électricité. Cependant, son parcours a été marqué par des problèmes techniques, des défauts de fabrication et des contrôles renforcés, ce qui a conduit à un arrêt prolongé pour expertise.

Un an d'arrêt pour contrôle

EDF, l’entreprise publique française chargée de la production et de la distribution d’électricité, a annoncé un arrêt d’un an pour réaliser des contrôles approfondis sur l’EPR de Flamanville. Cette décision fait suite à la découverte de défauts dans la cuve du réacteur, un composant essentiel qui contient le cœur nucléaire. Ces défauts, liés à la concentration en carbone de l’acier, pourraient fragiliser la structure et augmenter les risques de fissures. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’organisme indépendant chargé de superviser la sécurité des installations nucléaires en France, a exigé ces vérifications supplémentaires pour garantir la fiabilité du réacteur. Cet arrêt implique un manque à gagner pour EDF, qui devra assumer des coûts supplémentaires tout en retardant la mise en service.

Parcours émaillé d'incidents

Le réacteur EPR de Flamanville a accumulé les retards et les problèmes depuis le début de sa construction en 2007. Initialement prévu pour 2012, sa mise en service a été repoussée à plusieurs reprises en raison de défauts de fabrication, notamment dans les soudures et les équipements. En 2015, des anomalies ont été détectées dans la cuve du réacteur, nécessitant des expertises supplémentaires. En 2018, l’ASN a imposé des réparations sur des soudures défectueuses, entraînant un nouveau retard. Ces incidents ont coûté des centaines de millions d’euros à EDF et ont alimenté les critiques sur la gestion des grands projets industriels en France. En 2023, après plus de 12 ans de retard, l’EPR de Flamanville est enfin autorisé à démarrer, mais son parcours reste marqué par ces difficultés.

Rôle de l'ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est un organisme indépendant français qui veille à la protection des personnes et de l’environnement contre les risques liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Dans le cas de l’EPR de Flamanville, l’ASN a joué un rôle central en imposant des contrôles stricts et des réparations pour garantir la sécurité du réacteur. En 2015, elle a demandé à EDF de réaliser des tests supplémentaires sur la cuve, en raison de la concentration en carbone de l’acier, qui pouvait fragiliser le matériau. En 2018, elle a exigé la réparation de soudures défectueuses, malgré les coûts et les retards engendrés. Ces décisions ont permis d’éviter des risques potentiels, mais elles ont aussi prolongé la durée du projet et augmenté son coût. L’ASN agit comme un garde-fou pour s’assurer que les normes de sécurité les plus strictes sont respectées.

Ce que ça pourrait changer

Le projet de l’EPR de Flamanville a engendré des surcoûts importants pour EDF, estimés à plusieurs milliards d’euros. Initialement prévu pour un budget de 3,3 milliards d’euros en 2007, son coût a été réévalué à plus de 12 milliards d’euros en 2023. Ces dépassements s’expliquent par les retards, les réparations et les contrôles supplémentaires imposés par l’ASN. De plus, l’arrêt prolongé du réacteur pour expertise représente une perte financière supplémentaire pour EDF, qui ne peut pas produire d’électricité pendant cette période. Ces coûts élevés soulèvent des questions sur la rentabilité des grands projets industriels en France et sur la capacité à maîtriser les budgets dans des secteurs aussi complexes que le nucléaire.

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