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Géopolitique

La contribution de l’Europe à la croissance mondiale a été divisée par deux depuis 2022

Le Grand Continent · mis à jour il y a 27 j

L’Asie de l’Est et l’Amérique du Nord sont les principaux moteurs de la croissance mondiale L’article La contribution de l’Europe à la croissance mondiale a été divisée par deux depuis 2022 est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Part de l'Europe

En 2022, après la pandémie de coronavirus, l’Europe contribuait à près d’un quart (24 %) de la croissance économique mondiale. Quatre ans plus tard, en 2026, cette part a été divisée par deux, tombant à 10,3 %. À titre de comparaison, l’Amérique du Nord représente 20 % de cette croissance et l’Asie de l’Est 41 %. Cette baisse s’inscrit dans un contexte où les économies développées, dont fait partie l’Europe, connaissent une stagnation. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), une organisation internationale qui étudie les questions économiques et commerciales, a publié ce constat dans son rapport annuel le 9 octobre 2026. Ce document souligne que les économies développées, y compris celles de l’Europe, subissent un resserrement de la politique monétaire (hausse des taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation) et une performance industrielle anémique (faible dynamisme de l’industrie).

Causes de la baisse

Plusieurs facteurs expliquent cette diminution de la contribution européenne à la croissance mondiale. D’abord, le choc énergétique provoqué par la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran a particulièrement touché les pays développés, dont l’Europe, qui en a absorbé l’essentiel. Ensuite, la croissance en Europe reste faible, à l’exception de quelques pays comme le Royaume-Uni. Enfin, l’Europe est moins bien positionnée que d’autres régions pour profiter de l’essor de l’intelligence artificielle (IA), un domaine où les États-Unis, la Corée du Sud, Taïwan et la Chine dominent. Ces pays bénéficient d’une forte demande en semi-conducteurs (composants électroniques essentiels pour les ordinateurs et smartphones) et en produits high-tech, tandis que l’Europe peine à suivre ce rythme.

Gagnants et perdants

Le rapport de la CNUCED met en lumière deux tendances majeures dans l’économie mondiale. D’un côté, l’essor de l’IA crée des gagnants : les États-Unis, Taïwan, la Corée du Sud et la Chine, qui profitent de cette révolution technologique. De l’autre, il y a des perdants, notamment les économies en développement, souvent cantonnées à la production de matières premières (pétrole, minerais, etc.). Ces pays ne représentent qu’une infime partie de la valeur ajoutée (la richesse créée par une activité économique) mondiale, soit moins de 1 %. Cette inégalité s’explique par le fait que les pays développés contrôlent les technologies et les chaînes de production les plus rentables.

Ce que ça pourrait changer

Les tensions géoéconomiques, comme la baisse des échanges entre les États-Unis et la Chine (qui ont chuté de plus de 20 % en 2025), poussent à une reconfiguration des flux commerciaux. Une partie de ces échanges se redirige vers d’autres pays d’Asie de l’Est. Parallèlement, de nouveaux corridors commerciaux émergent, notamment entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie en développement. Entre 2019 et 2025, le nombre de relations d’exportation actives (échanges commerciaux supérieurs à 1 million de dollars) a augmenté de 83 % entre l’Afrique et l’Europe, et de 78 % entre l’Asie en développement et l’Europe. Ces dynamiques reflètent une volonté de diversifier les partenariats économiques en dehors des zones traditionnelles.

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