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Géopolitique

H&M taille dans ses commandes en Birmanie : des milliers d’emplois menacés

Courrier International · mis à jour 21 sept.

Le géant suédois de la fast-fashion avait annoncé dès 2023 qu’il allait progressivement mettre fin à ses activités dans le pays. La vague de fermeture d’usines textiles se poursuit en Birmanie avec, à la clé, des suppressions de postes dans une économie déjà à terre en raison de la guerre civile..

H&M réduit ses commandes

Le géant suédois de la fast-fashion H&M a annoncé dès 2023 qu’il allait progressivement cesser ses activités en Birmanie. En septembre 2026, cette décision se traduit par une réduction drastique des commandes passées auprès des usines locales. Selon un entrepreneur interrogé par le média en exil The Irrawaddy, H&M n’a pas rompu brutalement ses contrats, mais a diminué ses commandes de manière progressive avant de les arrêter définitivement. Cette stratégie a provoqué la fermeture de plusieurs usines textiles birmanes, dont celle de Teng Hui Myanmar, un sous-traitant exploitant cinq sites près de Rangoon, la capitale économique du pays. Les usines dépendant exclusivement des commandes de H&M sont les plus touchées, tandis que celles capables de trouver d’autres clients pourraient survivre.

Causes de la crise

Plusieurs facteurs expliquent cette décision de H&M. D’abord, le groupe invoque des difficultés croissantes à mener ses opérations conformément à ses normes et exigences en Birmanie. Ces normes incluent notamment le respect des droits des travailleurs, des conditions de travail sûres et des pratiques éthiques. Ensuite, la guerre civile qui déchire la Birmanie depuis le coup d’État de 2021 a aggravé une situation économique déjà fragile. Ce conflit oppose la junte militaire au pouvoir aux forces démocratiques et ethniques, plongeant le pays dans l’instabilité politique et sociale. Enfin, les difficultés d’importation des matières premières, essentielles à la production textile, ont rendu les opérations encore plus complexes pour les usines locales.

Conséquences sociales

La fermeture des usines textiles birmanes menace directement des milliers d’emplois dans un pays déjà en crise. La Birmanie, dont l’économie est en grande difficulté en raison de la guerre civile, voit sa population appauvrie et ses infrastructures fragilisées. Les usines de confection, souvent situées dans des zones industrielles comme Hlaing Thar Yar, près de Rangoon, emploient des milliers de travailleurs, majoritairement des femmes. Leur fermeture aggrave le chômage et la précarité dans un contexte où les droits des travailleurs sont déjà fragiles. Par exemple, Teng Hui Myanmar, qui emploie des centaines de personnes dans cinq usines, cessera ses activités à la fin septembre 2026, privant ses salariés de leur revenu.

Contexte birman

La Birmanie, officiellement appelée Myanmar par la junte militaire, est un pays d’Asie du Sud-Est de 54 millions d’habitants. Depuis le coup d’État de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil dirigé par Aung San Suu Kyi, le pays est plongé dans une guerre civile opposant la junte aux forces démocratiques et aux groupes ethniques armés. Cette instabilité a provoqué une crise économique majeure, avec une inflation élevée, une monnaie dévaluée et des pénuries de produits de base. Les sanctions internationales et l’isolement du pays ont également aggravé la situation. Dans ce contexte, le secteur textile, qui représente une part importante des exportations du pays, est particulièrement vulnérable.

Ce que ça pourrait changer

H&M, l’un des leaders mondiaux de la *fast-fashion*, est une entreprise suédoise spécialisée dans la vente de vêtements à bas prix et renouvelés fréquemment. Le groupe a adopté une stratégie de *désengagement progressif* de la Birmanie, annoncée dès 2023. Cette approche vise à éviter un retrait brutal qui pourrait aggraver les conséquences sociales locales. Cependant, la réduction des commandes a déjà entraîné la fermeture de plusieurs usines, mettant en péril des milliers d’emplois. H&M justifie sa décision par l’impossibilité de garantir le respect de ses normes éthiques et opérationnelles dans un pays en guerre. Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large des entreprises occidentales à revoir leurs chaînes d’approvisionnement pour limiter les risques liés aux conflits ou aux violations des droits humains.

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