Le président du Ghana veut interdire l’exportation des minerais bruts d’ici à 2030
Le 19 octobre, le président ghanéen, John Dramani Mahama, a réaffirmé sa volonté d’interdire l’exportation des minerais bruts d’ici à 2030. Pour la presse africaine, cette position ouvrirait la voie à la transformation de ces matières premières sur le territoire national, permettant de contrôler la chaîne de valeur et d’éviter que les puissances étrangères ne s’en emparent..
Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé son intention d’interdire, d’ici à 2030, l’exportation des minerais bruts extraits sur le territoire national. Cette mesure vise à transformer localement ces ressources avant leur vente à l’étranger, plutôt que de les exporter directement sous leur forme brute. Le Ghana possède d’importants gisements de minerais comme l’or, la bauxite, le manganèse, le fer et le lithium, mais ces ressources sont actuellement majoritairement exportées sans transformation préalable. Selon le président, cette stratégie permettrait au pays de mieux contrôler la chaîne de valeur de ses ressources naturelles, en évitant que des puissances étrangères n’en profitent sans en partager les bénéfices.
John Dramani Mahama justifie cette interdiction par le fait que l’exportation de minerais bruts ne profite pas suffisamment au Ghana. En effet, vendre ces ressources sans les transformer localement limite les opportunités de développement industriel, de création d’emplois qualifiés et d’acquisition de technologies avancées. Le président souligne que malgré la richesse minérale du pays, le Ghana ne tire pas pleinement parti de ses ressources en raison de cette pratique. L’objectif est donc de stimuler l’industrie locale en encourageant la transformation des minerais sur place, ce qui permettrait de créer des emplois et de renforcer l’économie nationale. Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de réduire la dépendance économique du pays vis-à-vis des exportations de matières premières non transformées.
Pour mettre en œuvre cette interdiction, le gouvernement ghanéen prévoit une approche progressive, encadrée par des mesures législatives. L’application de cette interdiction ne sera pas immédiate, mais s’étalera sur plusieurs années, avec un calendrier adapté à chaque type de minerai. Par exemple, certains minerais pourraient être concernés plus tôt que d’autres, en fonction de leur importance économique ou de leur complexité de transformation. Cette approche vise à permettre aux entreprises locales de s’adapter progressivement et d’investir dans les infrastructures nécessaires pour transformer ces minerais sur place. Le président a réaffirmé cet engagement lors de deux sommets internationaux : le 19 octobre à Accra, puis le 21 octobre à Londres, où il a présenté ce plan devant des acteurs économiques et politiques.
Le Ghana est l’un des plus grands producteurs d’or en Afrique, mais son économie reste largement dépendante de l’exportation de matières premières brutes. Cette dépendance expose le pays aux fluctuations des prix internationaux et limite son développement industriel. En interdisant l’exportation des minerais non transformés, le gouvernement cherche à diversifier l’économie et à réduire cette vulnérabilité. Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large en Afrique, où plusieurs pays tentent de capter davantage de valeur ajoutée en transformant eux-mêmes leurs ressources naturelles. Le Ghana espère ainsi attirer des investissements dans des industries locales et créer des emplois mieux rémunérés pour sa population.
Cette annonce a suscité des réactions dans la presse africaine, où elle est perçue comme une étape importante vers une plus grande souveraineté économique pour le Ghana. Certains observateurs soulignent que cette mesure pourrait renforcer la position du pays sur la scène internationale, en lui permettant de mieux négocier les termes de ses exportations. Cependant, la réussite de ce projet dépendra de la capacité du Ghana à attirer des investissements dans les infrastructures de transformation et à former une main-d’œuvre qualifiée. Le calendrier fixé à 2030 laisse une marge de manœuvre pour préparer cette transition, mais des défis logistiques et financiers devront être surmontés pour y parvenir.

