Trump se plaint des méga incendies, mais a secrètement sabordé le programme satellite qui aurait permis de mieux les surveiller
Alors que la fumée des feux canadiens étouffe les États-Unis, Donald Trump s'en prend violemment à Ottawa. Pourtant, sa propre administration a supprimé le développement des satellites américains chargés de surveiller ces incendies..
En juillet 2026, le Canada fait face à une crise majeure d’incendies de forêt avec plus de 950 foyers actifs simultanément, principalement en Ontario et au Québec. Ces feux, alimentés par des vents violents, ont généré d’immenses panaches de fumée toxique qui se sont déplacés vers le sud, affectant des villes américaines comme Toronto, New York et Chicago. Plus de 100 millions d’habitants aux États-Unis et au Canada vivent désormais sous une alerte renforcée en raison de la mauvaise qualité de l’air. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter les activités en extérieur en raison des risques pour la santé liés à l’inhalation de particules fines et de polluants. Cette situation a provoqué une crise diplomatique, Donald Trump accusant le Canada de négligence dans la gestion de ses forêts et menaçant d’imposer des surtaxes douanières sur les importations canadiennes.
Donald Trump, président des États-Unis, a vivement critiqué le Canada sur son réseau Truth Social, qualifiant la fumée des incendies canadiens d’« invasion » polluante et accusant Ottawa de « négligence caractérisée » dans la gestion de ses forêts. Il a menacé de compenser les préjudices économiques et sanitaires subis par les États-Unis en imposant de nouvelles taxes sur les produits canadiens. Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis subissent directement les conséquences de la pollution transfrontalière, avec des métropoles plongées dans un voile jaunâtre et toxique. Trump utilise cette crise pour justifier une position plus ferme envers le Canada, tout en occultant les actions de son propre gouvernement dans la gestion des risques environnementaux.
L’administration Trump a discrètement réduit le budget et les ambitions du programme GeoXO (Geostationary Extended Observations), un projet de satellites de nouvelle génération développé par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration, l’agence américaine chargée de l’observation des océans et de l’atmosphère). Initialement prévu pour inclure six satellites, le programme a été ramené à quatre, avec l’annulation d’un instrument clé : un spectromètre haute résolution. Cet appareil devait mesurer en temps réel la composition de l’air, notamment les niveaux de pollution, d’ozone et de fumée d’incendies. Son objectif était de fournir des données géolocalisées précises pour anticiper et gérer les crises environnementales. Les coupes budgétaires ont également ciblé d’autres programmes de la NASA et de la NOAA, recentrant les efforts sur la météo à court terme au détriment de l’étude du changement climatique.
L’annulation du spectromètre haute résolution dans le cadre du programme GeoXO prive les États-Unis d’un outil essentiel pour surveiller les incendies et leur impact sur la qualité de l’air. Selon des scientifiques de l’université George Washington, cet instrument aurait permis de générer des données en temps réel sur l’avancée des fumées et la concentration de polluants toxiques, offrant une protection sanitaire évaluée à 13 milliards de dollars par an. Sans ces informations, les autorités américaines et canadiennes disposent de moins de moyens pour anticiper les crises et protéger les populations. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des investissements dans les programmes d’observation de la Terre, malgré l’aggravation des catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique.
Donald Trump se trouve dans une situation paradoxale : il critique ouvertement le Canada pour sa gestion des incendies tout en ayant lui-même affaibli les capacités américaines à surveiller et anticiper ces catastrophes. En sabordant le programme GeoXO et d’autres initiatives scientifiques, son administration a réduit les outils disponibles pour analyser les phénomènes environnementaux et protéger les populations. Cette contradiction illustre une approche où les déclarations politiques ne s’accompagnent pas de mesures concrètes pour résoudre les problèmes dénoncés. Les experts soulignent que cette politique de réduction des budgets scientifiques pourrait aggraver les conséquences des crises environnementales à long terme, malgré les discours alarmistes sur les menaces transfrontalières.

