NapseflowNapseflow
Tech

Dès 2030, cette province chinoise va interdire la vente de voitures thermiques

Numerama · mis à jour il y a 24 j

L'île tropicale de Hainan confirme qu'elle souhaite devenir la toute première province de Chine à bannir la vente de voitures thermiques neuves d'ici 2030..

Hainan interdit les thermiques

La province chinoise de Hainan a annoncé officiellement qu'à partir de 2030, plus aucune voiture neuve à essence pure ne pourra y être vendue. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un plan quinquennal visant à transformer l'île en un laboratoire d'électrification des transports. Contrairement à l'Europe, qui prévoit une interdiction totale des véhicules thermiques neufs en 2035, Hainan avance plus rapidement. Cependant, cette interdiction ne concerne pas les véhicules d'occasion, qui pourront continuer à circuler normalement. La province mise sur une transition progressive pour éviter les ruptures brutales dans l'accès à la mobilité.

Les NEV, une catégorie large

En Chine, le terme Véhicules à Énergie Nouvelle (NEV) désigne une catégorie de véhicules qui ne se limite pas aux voitures 100 % électriques à batterie. Elle inclut également les véhicules à pile à combustible à hydrogène (FCEV), les hybrides rechargeables (PHEV) et les véhicules électriques à prolongateur d'autonomie (EREV). Ces derniers, comme les EREV, combinent un moteur thermique et une batterie, mais sont classés comme NEV car ils peuvent rouler en mode électrique sur une partie de leur trajet. Ainsi, l'interdiction de 2030 ne signifie pas la fin immédiate des moteurs thermiques, mais impose que tous les véhicules neufs vendus à Hainan soient équipés d'une batterie rechargeable.

Un objectif ambitieux pour 2030

Hainan ne se contente pas d'interdire les thermiques pour les particuliers. Le plan provincial impose que d'ici 2030, 100 % des nouveaux véhicules des services publics, des transports en commun et de la logistique commerciale soient des NEV. Seuls les véhicules à usage très spécial, comme les camions de pompiers, bénéficieront d'une dérogation. Cette mesure vise à accélérer l'électrification de l'ensemble du parc automobile de l'île, qui compte environ 1,5 million d'habitants. Actuellement, Hainan affiche déjà le taux de pénétration de véhicules électriques le plus élevé de Chine, avec un ratio de 2,5 voitures pour 1 borne de recharge, un seuil que les autorités s'engagent à maintenir.

Pourquoi Hainan est un bon terrain

Hainan a été choisie comme site pilote pour cette transition en raison de sa nature insulaire, qui en fait un marché relativement fermé et facile à contrôler. Avec une superficie comparable à celle de la Belgique et une population similaire, l'île offre un cadre idéal pour tester une électrification totale des transports. Les autorités chinoises misent sur ce laboratoire pour évaluer les impacts économiques, sociaux et environnementaux d'une telle mesure avant d'envisager une généralisation à l'ensemble du pays. Cette approche progressive permet d'ajuster les politiques en fonction des retours d'expérience.

Ce que ça pourrait changer

L'annonce a suscité des réactions contrastées sur les réseaux sociaux chinois. Si certains utilisateurs saluent l'ambition écologique de la mesure, d'autres expriment des inquiétudes, notamment sur la perte de liberté de choix ou la rapidité de la transition. Les autorités locales ont tenté de rassurer la population en garantissant que les infrastructures de recharge seront suffisamment développées pour répondre à la demande. Par ailleurs, les constructeurs automobiles, comme BYD, pourraient tirer profit de cette mesure, qui favorise la vente de véhicules électriques et hybrides rechargeables sur l'île.

Sujets complémentaires