Assassin’s Creed Black Flag Resynced est un remake bateau
Si vous faites un petit sondage pour savoir quel est le meilleur épisode d'Assassin's Creed, il y a de fortes chances que le nom de Black Flag revienne très (trop ?) souvent, ce qui est assez ironique quand on sait que le jeu n'aurait jamais dû exister. Mais ça, c'est une autre histoire… Celle qui nous intéresse aujourd'hui, c'est l'arrivée d'un remake de cet épisode charnière dont l'ambition n'est sans doute pas à la hauteur du mythe.
Assassin’s Creed IV: Black Flag est considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de la série Assassin’s Creed, malgré son développement chaotique. Sorti en 2013, il plonge le joueur dans les Caraïbes du début du XVIIIe siècle, où il incarne Edward Kenway, un pirate gallois en quête de fortune. Le jeu mêle habilement piraterie et intrigue des Assassins, ces derniers étant opposés aux Templiers dans une mythologie centrale à la série. Black Flag se distingue par son univers maritime, son parkour dynamique et son mélange de combat et d’infiltration. Son succès a marqué un tournant dans l’histoire de la franchise, au point que son remake, Assassin’s Creed Black Flag Resynced, est attendu avec impatience par les fans.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced est un remakester©, un mélange entre un remake (refonte complète) et un remaster (amélioration technique d’un jeu existant). Développé par le studio de Singapour, spécialisé dans les phases navales de la série, ce titre conserve 95 % des cut-scenes (séquences cinématiques) originales, simplement remasterisées. Cette approche économique permet de réduire les coûts et les délais de développement, estimés à un an et demi. Cependant, elle crée une dissonance technologique : les graphismes modernes contrastent avec une performance capture (technique de capture de mouvement) vieillissante, visible dans les animations et les dialogues, surtout en version française où la synchronisation labiale est jugée médiocre.
Le remake conserve les atouts majeurs de Black Flag original, notamment son univers des Caraïbes, riche en paysages et en ambiance maritime. Le parkour (déplacement acrobatique) et les séquences d’infiltration restent dynamiques, avec des améliorations comme la possibilité de s’accroupir manuellement, une nouveauté pour l’époque. Le jeu propose également des ajustements techniques, comme un éclairage réaliste et une météo immersive, bien que moins aboutis que dans d’autres titres récents comme Assassin’s Creed Shadows. Enfin, des ajouts mineurs, comme l’arrivée de trois personnages secondaires et quelques missions inédites, étoffent légèrement l’aventure sans révolutionner l’expérience.
Malgré ses améliorations graphiques, Assassin’s Creed Black Flag Resynced souffre de plusieurs défauts techniques. Les animations des personnages non-joueurs (PNJ) sont parfois robotiques, avec des répétitions de dialogues ou des mouvements peu naturels. Des bugs visuels, comme des clignotements ou des problèmes de caméra en combat, nuisent à l’immersion. Le sound design (design sonore) est également en retrait, notamment lors des tempêtes ou des combats navals. Côté game design (conception du jeu), le remake conserve une structure linéaire et des missions peu innovantes, malgré la suppression de certaines mécaniques jugées trop archaïques, comme les écrans de notation post-mission ou les parenthèses dans le présent.
Le gameplay bénéficie d’évolutions notables, comme un parkour plus fluide et un système de combat recentré sur les parades et contre-attaques, inspiré d’Assassin’s Creed Mirage. Le mode Observation, introduit dans Assassin’s Creed Shadows, permet de mettre en surbrillance les éléments importants, améliorant la discrétion. Cependant, le level design (conception des niveaux) reste limité, avec des zones jouables réduites et une IA des ennemis perfectible, permettant des stratégies de triche comme se cacher pour éviter les combats. Le système de progression, hérité de Far Cry 3, repose sur l’exploitation d’espèces animales, une mécanique critiquée pour son manque d’éthique et de modernité.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced introduit quelques ajouts pour dynamiser l’expérience. Trois personnages secondaires rejoignent l’aventure, apportant des bonus passifs pour le navire du joueur et quelques missions inédites, bien que ces dernières ne révolutionnent pas l’intrigue principale. Le jeu propose également un chat à bord du navire, une fonctionnalité anecdotique mais mise en avant lors de la promotion. Enfin, l’open world (monde ouvert) est désormais entièrement unifié, sans temps de chargement entre les zones, ce qui renforce l’immersion, même si les décors restent moins détaillés que dans des titres récents comme Assassin’s Creed Shadows.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced est un titre correct, qui ravira les fans de l’original grâce à son univers et son gameplay dynamique. Cependant, il déçoit par son manque d’audace : le jeu se contente de remasteriser 95 % des séquences cinématiques et de corriger quelques défauts mineurs, sans repenser en profondeur le *game design* ou les mécaniques de gameplay. Les bugs techniques et les limites du *level design* rappellent que ce remake n’est pas une refonte complète. Malgré ces réserves, il offre un plaisir de jeu indéniable, notamment pour les amateurs de piraterie et d’aventures en monde ouvert, mais laisse entrevoir ce qu’un vrai remake aurait pu accomplir.

