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Géopolitique

Le coût du transport par bateau explose

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Sur de nombreuses routes maritimes et fluviales, le coût du fret a flambé ces dernières semaines. Le blocage du détroit d’Ormuz a des répercussions mondiales, explique le “Financial Times”.

Routes menacées partout

Plusieurs routes maritimes et fluviales essentielles au commerce mondial sont aujourd’hui fragilisées. Parmi elles, le détroit d’Ormuz, le canal de Panama, la mer Rouge, la mer Noire ou encore le Rhin. Ces axes, vitaux pour l’économie globale, subissent des perturbations majeures. Certaines sont directement liées à des conflits armés, comme la guerre en Iran qui paralyse presque entièrement le trafic dans le détroit d’Ormuz. D’autres sont causées par des phénomènes naturels, comme la sécheresse exceptionnelle qui frappe l’Amérique latine et l’Europe, réduisant le niveau des eaux et rendant certaines voies navigables impraticables. Ces blocages ont des répercussions en cascade sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, car ils perturbent le transport de marchandises entre continents.

Coûts du fret en hausse

Le Financial Times constate une augmentation inédite des coûts du transport maritime. Cette flambée s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : les conflits géopolitiques et les restrictions d’accès à des routes clés, ainsi que la baisse du niveau des eaux qui limite le passage des navires. Les prix des créneaux de passage par le canal de Panama, attribués par enchères quotidiennes, ont par exemple atteint des niveaux records. Ces hausses de coûts risquent de se répercuter sur les prix des produits pour les consommateurs, car les entreprises répercutent ces surcoûts sur leurs tarifs. Les chaînes d’approvisionnement, déjà fragilisées, pourraient devenir encore plus vulnérables.

Détroit d’Ormuz bloqué

Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’une des routes maritimes les plus stratégiques au monde. Jusqu’en février 2026, environ un cinquième du pétrole et du gaz à destination de l’Asie et de l’Europe transitait par cette voie, qui relie le golfe Persique à la mer d’Oman. Depuis le début de la guerre en Iran, le trafic maritime y est presque à l’arrêt. Les perturbations provoquées par ce conflit sont désormais considérées comme un problème structurel, c’est-à-dire durable et difficile à résoudre à court terme. Les analystes estiment que cette situation ne disparaîtra pas rapidement, ce qui aggrave les tensions sur les prix du fret.

Sécheresse et canaux fragilisés

En Europe et en Amérique latine, la sécheresse exceptionnelle a fait baisser le niveau des eaux dans des voies fluviales et maritimes comme le canal de Panama ou le Rhin. Lorsque le niveau de l’eau est trop bas, les navires ne peuvent plus passer ou doivent réduire leur charge pour éviter de s’échouer. Cela ralentit le transport de marchandises et augmente les coûts, car les compagnies maritimes doivent soit emprunter des routes plus longues, soit attendre que les niveaux remontent. Par exemple, les prix des créneaux de passage par le canal de Panama ont atteint des niveaux records en raison de cette situation. Cette sécheresse, liée au changement climatique, aggrave la vulnérabilité des infrastructures de transport.

Ce que ça pourrait changer

Les perturbations des routes maritimes et fluviales menacent la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les entreprises pourraient faire face à des retards dans la livraison de matières premières ou de produits finis, ce qui pourrait entraîner des pénuries ou des hausses de prix pour les consommateurs. Les analystes craignent que ces problèmes ne deviennent chroniques, surtout si les conflits géopolitiques persistent et si les effets du changement climatique s’aggravent. Une telle situation pourrait ralentir la croissance économique mondiale et alimenter l’inflation, déjà sous surveillance dans de nombreux pays.

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