«Hack ’n’ Stack»: quand le concept survend l’exécution
Le dernier jeu du studio québécois Triple Boris a une proposition originale, mais ne parvient pas à être accrocheur..
Le jeu vidéo Hack ’n’ Stack, développé par le studio québécois Dodo Tako (filiale du groupe Triple Boris), sortira le 9 octobre 2026 sur les plateformes Steam et Nintendo Switch. Il combine trois genres : un jeu de tours de défense, une physique chaotique et un mode multijoueur inspiré de jeux sociaux comme Mario Party ou Overcooked (2016). L’objectif principal est de construire des structures défensives (tourelles, murs) pour protéger un générateur contre des vagues d’ennemis mauves globuleux, tout en récoltant des ressources. Le jeu propose également une personnalisation des personnages avec des chapeaux et des armes. La direction artistique s’inspire des dessins animés, ce qui lui donne un style visuel coloré et dynamique.
Le jeu est comparé à d’autres titres comme Ultimate Chicken Horse (2016) ou Where is Billy? (2024), également développés par Dodo Tako. Ces comparaisons soulignent une différence majeure : Hack ’n’ Stack impose une courbe d’apprentissage abrupte dès les premiers niveaux, contrairement à ses homologues qui privilégient la simplicité. Les mécaniques de construction en 3D, où les joueurs doivent manipuler des objets sur tous les axes, ajoutent une complexité supplémentaire. Cette approche, bien que potentiellement innovante, rend le jeu moins accessible, surtout pour des joueurs occasionnels ou moins expérimentés.
Le mode multijoueur, inspiré des jeux sociaux, est au cœur du concept de Hack ’n’ Stack. Cependant, la difficulté de gestion du chaos et de la synchronisation entre joueurs est mal dosée. Les niveaux exigent une coordination rapide pour construire des défenses tout en repoussant les ennemis, ce qui peut devenir frustrant. Le jeu ne s’adapte pas suffisamment au nombre de joueurs : par exemple, le temps nécessaire pour récupérer une ressource devient problématique lorsque plusieurs murs sont attaqués simultanément. Cette rigidité rend l’expérience moins plaisante pour les groupes, surtout si certains membres sont moins habitués aux jeux vidéo.
Bien que Hack ’n’ Stack soit conçu pour être joué à plusieurs, il est possible de l’essayer en solo. Cependant, la difficulté reste élevée et peu adaptative. Les niveaux ne tiennent pas compte des limitations d’un seul joueur, comme le temps nécessaire pour parcourir la carte et collecter des ressources tout en défendant plusieurs zones. Le jeu ne propose qu’un ajustement minimal de la difficulté, ce qui rend l’expérience solitaire aussi exigeante que le mode multijoueur. Les joueurs doivent donc faire preuve de patience et de persévérance pour maîtriser les mécaniques, ce qui peut décourager ceux qui cherchent une expérience plus accessible.
Malgré ses défauts, Hack ’n’ Stack présente des atouts, comme son style visuel inspiré des dessins animés et sa proposition de jeu originale. La personnalisation des personnages et l’aspect chaotique peuvent séduire certains joueurs. Cependant, ces qualités sont atténuées par une complexité excessive et une courbe d’apprentissage trop raide. Le jeu sacrifie son potentiel social et ludique sur l’autel d’une ambition technique mal maîtrisée. Les joueurs qui persévèrent pourraient y trouver du plaisir, mais convaincre un groupe de quatre personnes de s’y investir semble compliqué.
*Hack ’n’ Stack* obtient une note de 2 étoiles sur 5 dans la critique du *Devoir*. Il est développé par Dodo Tako, édité par Triple Boris, et sortira le 9 octobre 2026. Le jeu sera disponible sur les plateformes Steam et Nintendo Switch. Les joueurs intéressés par des jeux multijoueurs chaotiques et créatifs pourraient l’essayer, mais doivent s’attendre à une expérience exigeante et parfois frustrante.

