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Généraliste

L’écrivain québécois Thélyson Orélien dénonce une «volonté» de le «faire taire»

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

Il est ciblé par des accusations d’utilisation de l’IA pour son roman et de plagiat dans des textes d’opinion..

Accusations contre l'auteur

L’écrivain québéco-haïtien Thélyson Orélien, âgé de 38 ans, est au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours. Il est accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour écrire son roman C’était ça ou mourir, un succès de la rentrée littéraire récompensé par le prix du roman Fnac et présélectionné pour d’autres prix prestigieux comme le Goncourt. Ces accusations proviennent notamment d’un compte anonyme sur le réseau social X (anciennement Twitter), Balance ton Claude, qui affirme que le livre aurait été « presque intégralement » rédigé par une IA, après analyse d’extraits via le logiciel américain Pangram. Cet outil est un détecteur d’IA, conçu pour identifier si un texte a été généré par une machine plutôt que par un humain. Parallèlement, des allégations de plagiat ont émergé au Québec concernant des textes d’opinion publiés il y a plus de dix ans, notamment dans La Presse et Radio-Canada. Ces textes contiendraient des passages copiés ou traduits d’articles étrangers sans mention de source.

Réactions et dénis

Thélyson Orélien a réagi à ces accusations en dénonçant une « volonté » de le « faire taire », évoquant une attaque non seulement contre son livre, mais aussi contre sa propre voix. Il a déclaré se porter « bien » malgré la pression et a choisi de prendre du recul en attendant que la polémique s’apaise avant de s’exprimer davantage. Il a indiqué être en train de constituer un dossier avec ses éditeurs pour prouver qu’il est bien l’auteur de son roman. Les éditions Boréal, qui publient ses œuvres au Canada, ont pris ces allégations « très au sérieux » et ont annoncé qu’elles mèneraient une enquête interne pour faire la lumière sur la situation. L’auteur a également été défendu par des figures du monde littéraire, comme Virginie Despentes, qui a salué son roman dans une émission télévisée française et jugé qu’il n’avait « pas à se justifier » face aux outils de détection d’IA.

Fiabilité des outils

Les accusations reposant sur des outils comme Pangram soulèvent des questions sur leur fiabilité. L’AFP a testé huit détecteurs différents sur des passages du roman de Thélyson Orélien. Les résultats sont contrastés : deux outils concluent que le texte est très probablement écrit par une IA, trois estiment qu’il s’agit d’une œuvre humaine, et les trois derniers affichent des taux de probabilité variant de 7 % à 59 %. Max Spero, cofondateur de Pangram, a précisé que ces logiciels ne devraient pas être considérés comme des « arbitres finaux », mais plutôt comme des points de départ pour des investigations plus approfondies. Cette situation met en lumière les limites des technologies actuelles de détection d’IA, qui évoluent rapidement mais restent imparfaites. Le débat porte ainsi sur la pertinence d’utiliser ces outils pour remettre en cause l’authenticité d’un texte littéraire.

Ce que ça pourrait changer

Malgré la polémique, le roman *C’était ça ou mourir* reste très présent dans les librairies. À la **Fnac** près de la gare Saint-Lazare à Paris, le livre était toujours mis en avant jeudi, et les vendeurs n’ont pas observé de changement dans le comportement des clients. Un porte-parole de l’enseigne a souligné que l’ouvrage avait été plébiscité par un jury de 800 lecteurs et par un large public depuis sa sortie. Dans le milieu littéraire, plusieurs auteurs ont pris la défense de Thélyson Orélien, comme **Virginie Despentes**, qui a exprimé son admiration pour le roman lors d’une émission télévisée. L’écrivain a également été applaudi par un public de 500 personnes lors d’une intervention au **Festival de littérature de Manosque**, où l’animatrice a demandé à mettre la polémique de côté pour se concentrer sur la littérature.

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