Guerre commerciale : les contre-tarifs canadiens entrent en vigueur
Les contre-tarifs s'élèvent à 15 %, 25 % et 50 %, selon les produits..
À minuit, dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre 2026, le Canada a activé ses contre-tarifs à l’encontre des États-Unis, marquant une escalade dans la guerre commerciale entre les deux pays. Ottawa a imposé des surtaxes de 15 %, 25 % et 50 % sur des produits américains d’une valeur totale de 28 milliards de dollars. Cette décision répond aux droits de douane de 50 % que Washington avait instaurés fin août 2026 sur des produits canadiens de même valeur. Les contre-mesures canadiennes visent spécifiquement les produits américains déjà touchés par les tarifs américains, comme les appareils agricoles, les véhicules automobiles ou encore l’acier. Le premier ministre canadien Mark Carney avait promis une riposte « dollar pour dollar » pour protéger l’économie nationale. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre les deux pays.
Les contre-tarifs canadiens ciblent trois catégories de produits américains avec des taux variables. Les surtaxes de 15 % s’appliquent à des biens comme les appareils agricoles, le caoutchouc, les plastiques et les appareils de ventilation. Les produits soumis à une taxe de 25 % incluent les véhicules automobiles et leurs pièces, les appareils électroménagers ainsi que les fromages. Enfin, les produits les plus lourdement taxés, à 50 %, concernent principalement l’acier, le fer, l’aluminium, les luminaires, les produits laitiers, les sucres, les farines, le bois, les pâtes, les papiers, les vêtements et les produits de beauté. Ces choix reflètent une volonté de cibler des secteurs stratégiques pour l’économie américaine, tout en protégeant les industries canadiennes concurrentes.
L’escalade commerciale fait suite à l’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis, qui n’ont pas abouti à un compromis acceptable pour les deux parties. Le premier ministre Mark Carney a quitté la table des discussions en raison de modifications de dernière minute jugées inéquitables et non rentables par Ottawa. De son côté, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a attribué l’échec des pourparlers aux nouvelles demandes et aux reculs du Canada. Ces désaccords ont conduit à l’activation des contre-tarifs, chacun des deux pays accusant l’autre de ne pas faire de concessions suffisantes. Les négociations, menées par des équipes incluant le ministre du Commerce Canada-États-Unis Dominic LeBlanc et la négociatrice en chef Janice Charette, n’ont donc pas permis d’éviter cette escalade.
Face aux conséquences économiques des tarifs douaniers, le gouvernement canadien et plusieurs provinces ont mis en place des mesures d’aide pour atténuer l’impact sur les entreprises et les travailleurs. Ottawa a annoncé un plan de 7,5 milliards de dollars pour soutenir les entreprises et les employés affectés par la guerre commerciale. Le Québec a lancé deux programmes d’aide, dont des prêts sans intérêts pouvant atteindre 50 millions de dollars, destinés aux petites, moyennes et grandes entreprises touchées. La première ministre québécoise Christine Fréchette a également suspendu sa campagne électorale pour adopter des décrets favorisant l’approvisionnement local. D’autres provinces comme le Manitoba et l’Île-du-Prince-Édouard ont débloqué respectivement plus de 100 millions et 12,5 millions de dollars pour soutenir leurs secteurs vulnérables.
La guerre commerciale pourrait s’aggraver davantage après l’annonce des contre-tarifs canadiens. Donald Trump, président des États-Unis, a menacé de doubler les droits de douane sur les véhicules automobiles, leurs pièces et l’acier canadien, passant de 25 % à 50 % à partir du 1er janvier 2027. Il a également indiqué vouloir empêcher l’entreprise canadienne Bombardier de vendre ses produits aux États-Unis, bien que la méthode législative pour y parvenir n’ait pas été précisée. Ces déclarations suggèrent une volonté américaine de durcir encore davantage les mesures commerciales, ce qui pourrait entraîner une nouvelle escalade et aggraver les tensions économiques entre les deux pays.

