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Géopolitique

En Colombie, la réinsertion contrariée de 99 ex-guérilleros

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

Pensant profiter d’un programme de réinsertion promu par l’ancien président de gauche, ces ex-guérilleros colombiens se retrouvent piégés dans une zone d’habitation temporaire du sud du pays. Le nouveau gouvernement d’extrême droite d’Abelardo de la Espriella fait tout pour les en expulser..

99 ex-guérilleros rendus

En juin 2026, 99 membres des Comandos de la Frontera, une dissidence des Farcs (Forces armées révolutionnaires de Colombie, un groupe armé communiste), ont déposé les armes dans le sud de la Colombie. Cet événement a eu lieu dans le cadre d’un programme de réinsertion soutenu par l’ancien président de gauche Gustavo Petro, qui visait à obtenir une paix totale en incitant les 30 000 combattants irréguliers du pays à déposer les armes. Les 99 guérilleros ont remis leurs armes (fusils, pistolets, mitrailleuses, lance-grenades) lors d’une cérémonie symbolique où leurs uniformes ont été incinérés, marquant officiellement la fin de leur vie de combattant. Cependant, cette reddition s’est produite seulement deux jours avant le second tour de l’élection présidentielle colombienne.

Changement politique

L’élection présidentielle de 2026 a été remportée par Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite, qui a promis de mettre fin à la politique de paix totale de son prédécesseur Gustavo Petro. Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement a adopté une position hostile envers les ex-guérilleros, notamment les 99 membres des Comandos de la Frontera qui s’étaient rendus. Ces derniers se retrouvent désormais piégés dans une zone d’habitation temporaire isolée dans la région du Putumayo, dans le sud du pays. Le gouvernement actuel cherche activement à les expulser, malgré les efforts initiaux de réinsertion.

Réinsertion bloquée

Les 99 ex-guérilleros étaient censés bénéficier d’un programme de réinsertion sociale et économique après avoir déposé les armes. Cependant, leur situation est devenue précaire en raison du changement de gouvernement. Leur zone d’habitation temporaire, située dans un hameau isolé du Putumayo, est désormais menacée d’expulsion par les autorités. Ce revirement politique illustre les tensions persistantes en Colombie autour de la question de la réintégration des anciens combattants, alors que le conflit armé dure depuis plus de soixante ans dans le pays.

Contexte des Farcs

Les Farcs (Forces armées révolutionnaires de Colombie) étaient un groupe armé d’inspiration communiste qui a combattu l’État colombien pendant plus de cinq décennies. En 2016, un accord de paix historique a été signé entre le gouvernement et les Farcs, permettant à une partie de leurs membres de se réintégrer à la vie civile. Cependant, des dissidences comme les Comandos de la Frontera ont refusé cet accord et ont continué à mener des activités armées. Les 99 guérilleros mentionnés dans l’article font partie de l’une de ces dissidences, qui a finalement accepté de déposer les armes en 2026, avant que le contexte politique ne change radicalement.

Ce que ça pourrait changer

La Colombie traverse une période de transition politique et sociale marquée par des divisions profondes sur la manière de gérer les anciens combattants et les conflits armés persistants. Le programme de *paix totale* de Gustavo Petro visait à désamorcer les tensions en offrant une sortie pacifique aux groupes armés, mais son successeur, Abelardo de la Espriella, privilégie une approche plus répressive. Cette situation met en lumière les défis de la réintégration des ex-combattants, un processus complexe qui nécessite des ressources, une volonté politique et un soutien social pour éviter une rechute dans la violence.

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