La lieutenante-gouverneure regardera l’assermentation des ministres à la télévision
Manon Jeannotte accepte la demande de Paul St-Pierre Plamondon de ne pas assister physiquement à l'événement..
La lieutenante-gouverneure du Québec, Manon Jeannotte, n’assistera pas en personne à l’assermentation des nouveaux ministres prévue le mercredi 22 octobre 2025. Cette décision a été acceptée par son cabinet, qui souligne qu’elle souhaite éviter de détourner l’attention des institutions démocratiques. Elle suivra l’événement à distance, depuis son bureau situé à proximité de l’Assemblée nationale. Cette absence marque une volonté de discrétion, alors que traditionnellement, le représentant du roi (ici, la lieutenante-gouverneure) assistait à cette cérémonie, qu’elle soit publique ou privée. Son rôle reste cependant essentiel, car sa signature est obligatoire pour officialiser les nominations des ministres.
Malgré son absence physique, Manon Jeannotte participera activement à l’assermentation en signant en temps réel les documents nécessaires pour approuver chaque nomination des ministres. Elle utilisera la télévision pour suivre la cérémonie et valider les documents au fur et à mesure. Cette méthode permet de respecter la procédure légale tout en évitant une présence médiatisée. Par ailleurs, elle aura également accepté la démission du gouvernement précédent, dirigé par Christine Fréchette, lors d’une rencontre prévue le même jour. Le nouveau Conseil des ministres pourra ainsi siéger dès le 22 octobre 2025, avec une première réunion prévue en début de soirée.
Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a réitéré dans une lettre envoyée le lundi 20 octobre 2025 sa volonté d’abolir la monarchie au Québec. Il argue que la légitimité des actions politiques doit émaner du peuple québécois et non d’un souverain étranger, comme le roi Charles III, qui n’a selon lui aucune légitimité démocratique. Pour concrétiser ce projet, le Parti québécois (PQ) prévoit présenter et faire adopter un projet de loi à l’Assemblée nationale. Cependant, cette démarche nécessite d’abord la formation d’un Conseil des ministres, dont la création doit être autorisée par le représentant du roi, d’où l’importance de l’assermentation et de la signature de la lieutenante-gouverneure.
Le Parti québécois a également l’intention d’exclure Manon Jeannotte de la lecture du discours d’ouverture de la rentrée parlementaire, prévue probablement à la fin du mois de novembre 2025. Contrairement à la pratique en vigueur à Ottawa, où le gouverneur général lit ce discours, au Québec, c’est traditionnellement le premier ministre qui le prononce, tandis que le représentant du roi se contente d’une allocution brève. Une source proche du dossier indique que cette exclusion s’inscrit dans la même logique que pour l’assermentation : éviter que la lieutenante-gouverneure ne devienne un symbole de la monarchie, dont le PQ souhaite se distancier. Les étapes pour réduire le rôle de la monarchie au Québec se poursuivent ainsi progressivement.

