France : Macron dit vouloir punir les « casseurs » et écouter les manifestants
« Nos forces de l'ordre, malgré leur professionnalisme, ont eu à subir une violence inouïe », a-t-il déclaré..
Emmanuel Macron a prononcé un discours depuis l'Élysée le dimanche suivant des manifestations marquées par des violences. Il a clairement distingué deux groupes : d’un côté, les manifestants aux revendications légitimes (comme la hausse du coût de la vie ou les conditions dans les lycées et universités), et de l’autre, les casseurs qui ont commis des dégradations, des pillages et des affrontements avec les forces de l’ordre. Le président a insisté sur la nécessité de ne pas confondre ces deux réalités : écouter les revendications tout en réprimant fermement les violences. Il a également annoncé la création d’une cellule de crise dirigée par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour coordonner les réponses immédiates. Ce discours s’inscrit dans un contexte de tensions sociales et à six mois d’une élection présidentielle, où l’unité et le calme sont présentés comme essentiels.
Les manifestations du samedi précédent ont été marquées par des affrontements, des destructions de bâtiments publics, des pillages et des blessures parmi les forces de l’ordre. Selon le ministère de l’Intérieur, près de 2 400 personnes ont été interpellées et plusieurs centaines de policiers ont été blessés. Emmanuel Macron a qualifié ces actes de violence débridée et a déclaré qu’« rien ne le justifie, rien ne l’explique, rien ne l’excuse ». Il a exigé que les responsables de ces violences soient punis, notamment en remboursant les dégâts causés. Le président a également ordonné aux préfets de travailler avec les maires pour interdire certains rassemblements si nécessaire, afin d’éviter de nouveaux débordements. Ces mesures visent à rétablir l’ordre républicain, un principe fondamental de la démocratie française.
Plusieurs acteurs politiques ont réagi à la gestion des manifestations par le gouvernement. Les maires de Paris, Lyon et Marseille, ainsi qu’une partie de l’opposition, ont critiqué la manière dont le maintien de l’ordre a été assuré, soulignant que les forces de l’ordre, malgré leur professionnalisme, ont subi une violence inouïe. Emmanuel Macron a reconnu ces critiques et a demandé au gouvernement d’en tirer des leçons, notamment en améliorant le renseignement et l’anticipation pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. Il a aussi appelé les partis politiques, les organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté les violences lors d’une réunion prochaine avec le Premier ministre. Le président s’est particulièrement adressé à La France insoumise, un parti politique dirigé par Jean-Luc Mélenchon, qu’il accuse d’encourager les manifestations violentes.
Les manifestations s’inscrivent dans un mouvement plus large de contestation contre la *vie chère* et les conditions dans les *lycées* et les *universités*. Emmanuel Macron a reconnu que la parole des jeunes manifestants doit être entendue, sans *a priori* ni minimisation de leurs difficultés. Cependant, il a fermement condamné ceux qui, selon lui, cherchent à *abîmer la République* ou à *voler le débat* en privilégiant la rue à la discussion. Le président a également rappelé que le pays a besoin d’*apaisement* et non d’une *escalade*, alors que la France se prépare à une élection présidentielle dans six mois. Malgré la situation intérieure, Macron a maintenu son déplacement au Proche-Orient prévu en début de semaine, une région où il doit rencontrer des dirigeants du Koweït, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Qatar.

