Une session perdue à cause des délais en immigration
Faute de permis d’études d’IRCC à temps, une adolescente risque de manquer sa rentrée au cégep..
Anthony et Lily-Rose Coudreau sont une famille originaire de France qui a immigré au Canada en 2024 pour s'installer au Saguenay, une région du Québec. Le père et la mère de Lily-Rose travaillent tous deux comme travailleurs étrangers temporaires dans une usine de transformation d'acier et d'aluminium nommée Coupesag. Lily-Rose, âgée de 17 ans, a obtenu son diplôme d'études secondaires du Québec et a été admise au Cégep de Chicoutimi pour la session d'automne 2026. Cependant, son projet d'études est menacé par un problème administratif : elle n'a pas encore reçu son permis d'études délivré par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), un organisme fédéral canadien qui gère les questions d'immigration et de citoyenneté.
Pour étudier au Québec, Lily-Rose a besoin de deux documents : un certificat d'acceptation du Québec (CAQ), délivré par le gouvernement provincial, et un permis d'études, délivré par le gouvernement fédéral via IRCC. Le CAQ a été obtenu, mais le permis d'études, essentiel pour commencer ses études collégiales, n'est toujours pas arrivé. La demande a été déposée le 11 août 2026, et le délai standard pour ce type de document est de 66 jours ouvrables (soit environ 3 mois). Le Cégep de Chicoutimi a alerté IRCC il y a deux semaines en envoyant une lettre urgente, rappelant que Lily-Rose devait recevoir une Lettre d'approbation au plus tard le 4 septembre 2026 pour commencer la session. Malgré cette intervention, le document n'a pas été accéléré.
Si Lily-Rose ne reçoit pas son permis d'études avant le 4 septembre 2026, elle ne pourra pas commencer sa session d'automne au Cégep de Chicoutimi et devra attendre la session suivante, en janvier 2027. Cela signifie qu'elle perdra une session complète, soit environ 4 mois d'études. Son père, Anthony Coudreau, exprime son incompréhension face à cette situation, soulignant qu'aucun parent québécois ne verrait son enfant subir un tel retard pour un simple document administratif. De plus, Lily-Rose ne peut ni travailler ni étudier en attendant, ce qui la contraint à rester inactive à la maison pendant plusieurs mois.
Nicolas Pelletier, directeur financier de Coupesag, une entreprise où 20 % des employés sont des travailleurs étrangers temporaires, s'est impliqué personnellement pour tenter d'accélérer le processus. Il a contacté le bureau du député local et multiplié les appels et courriels à IRCC, sans succès. Il souligne que cette situation affecte la productivité de son employé, Anthony Coudreau, et met en lumière un problème plus large : les délais administratifs pour les permis d'études des enfants de travailleurs étrangers. Coupesag compte 75 employés, dont 15 travailleurs étrangers temporaires, et cette situation illustre les tensions entre les besoins des entreprises et les lenteurs des processus gouvernementaux.
Le cabinet de la ministre canadienne de l'Immigration, Lena Diab, a reconnu que les délais de traitement des permis d'études peuvent être longs, avec un délai standard de deux mois pour ce type de demande. La ministre a indiqué que des progrès avaient été réalisés pour améliorer ces délais, mais sans préciser les raisons du retard dans le cas de Lily-Rose. Cette situation met en lumière les défis auxquels font face les familles immigrantes et les entreprises qui embauchent des travailleurs étrangers, ainsi que les limites des systèmes administratifs face à des cas urgents.

