Ce plastique renforcé au bambou pourrait améliorer le réseau de votre smartphone : il est 81% plus résistant, 173% plus robuste et absorbe les ondes électromagnétiques
Un plastique au bambou gagne 81 % de résistance et 173 % de ténacité grâce à de la poudre de bambou carbonisée. Il bloque aussi les ondes parasites des appareils électroniques, principalement en les absorbant.
En août 2026, des ingénieurs de l’université agricole d’Anhui, située à Hefei en Chine, ont présenté une innovation dans la revue Sustainable Carbon Materials. Il s’agit d’un plastique biodégradable renforcé avec du bambou, capable d’absorber les ondes électromagnétiques. Ce matériau se distingue des plastiques classiques car il ne se contente pas de réfléchir les ondes, ce qui génère des interférences, mais les piège à l’intérieur de sa structure. Cette propriété pourrait améliorer significativement la performance des réseaux des smartphones et autres appareils électroniques en réduisant les perturbations. L’équipe de recherche a travaillé sur ce projet en utilisant des ressources locales, notamment du bambou récolté dans la province d’Anhui.
Le processus de fabrication commence par la collecte de poudre de bambou, qui est ensuite séchée avant d’être chauffée à 1 000 degrés sous atmosphère d’azote. Cette étape transforme le bambou en biochar, un charbon végétal riche en carbone. Ce biochar est ensuite traité dans un tube de quartz sous une tension de 160 volts pendant trois dixièmes de seconde. Pour améliorer son intégration avec les plastiques, les chercheurs greffent une molécule de silane appelée APTES sur le carbone. Ce traitement permet d’obtenir un matériau composite aux propriétés mécaniques et électriques améliorées. Le biochar joue ici un rôle clé en agissant comme un conducteur d’électricité et un absorbant d’ondes électromagnétiques.
Le plastique renforcé au bambou affiche des performances mécaniques impressionnantes. Il est 81 % plus résistant à la traction que le plastique classique, avec une résistance passant de 14,1 mégapascals à 25,5 mégapascals. De plus, sa ténacité, qui mesure sa capacité à résister à la propagation de fissures, est augmentée de 173 %, passant de 0,98 à 2,68 mégajoules par mètre cube. Ces améliorations sont attribuées à l’ajout de couches de biochar aux interfaces des films de plastique. Les cinq films empilés de PLA (acide polylactique) et de PBAT (un polyester biodégradable) forment ainsi un matériau à la fois résistant et flexible, adapté à des applications électroniques exigeantes.
Le plastique au bambou présente une capacité remarquable à absorber les ondes électromagnétiques, notamment dans la bande X, une gamme de fréquences comprise entre 8,2 et 12,4 gigahertz utilisée par les radars et certains satellites. Son efficacité de blindage atteint 36,7 décibels, ce qui signifie qu’il ne laisse passer qu’une infime partie des ondes. À titre de comparaison, un matériau classique avec du charbon brut affiche seulement 7,5 décibels. L’absorption représente 30,8 décibels de cette efficacité, contre 5,9 pour la réflexion. Cette propriété est rendue possible par la structure interne du matériau, qui force les ondes à effectuer de multiples allers-retours avant d’être piégées. Un seuil de 20 décibels est généralement suffisant pour les applications commerciales, ce qui place ce plastique bien au-dessus des exigences du marché.
Ce plastique innovant offre plusieurs avantages. D’abord, il utilise des déchets de bambou, une ressource renouvelable et abondante, ce qui réduit les coûts par rapport à des charges conductrices traditionnelles. Ensuite, sa capacité à absorber les ondes électromagnétiques en fait un matériau idéal pour les appareils électroniques, où les interférences peuvent dégrader les performances. Cependant, des tests supplémentaires sont nécessaires pour évaluer sa durabilité à long terme et sa faisabilité en production industrielle. Les prototypes actuels sont encore des éprouvettes de laboratoire, et leur passage à l’échelle industrielle nécessitera des ajustements techniques et économiques. Malgré ces défis, cette innovation ouvre la voie à des matériaux plus performants et respectueux de l’environnement pour l’électronique.

