Un nouveau parti, Osons Québec
Son porte-parole est un ancien membre du PCQ d'Éric Duhaime qui a quitté le navire en juillet..
Le 8 septembre 2026, un nouveau parti politique québécois, Osons Québec, a été officiellement reconnu par le Directeur général des élections (DGE) du Québec. Cette formation politique arrive en pleine campagne électorale pour les élections provinciales prévues le 5 octobre 2026. Contrairement aux autres partis, Osons Québec n’a pas de chef unique, mais un leader et porte-parole : Martin Charron, un entrepreneur et ancien membre du Parti conservateur du Québec (PCQ). Charron a également été conseiller municipal à Brownsburg-Chatham et s’est présenté aux élections fédérales de 2025 dans la circonscription d’Argenteuil—La Petite-Nation, où il a obtenu 24,8 % des voix, terminant deuxième. Le parti compte actuellement 132 membres et se présente comme une formation centriste, bien que son approche soit décrite comme innovante et rigoureuse.
Osons Québec propose plusieurs idées radicales pour transformer le système politique québécois. Le parti souhaite notamment réformer la Constitution canadienne afin que le Québec puisse adopter sa propre loi fondamentale, s’éloignant ainsi du système parlementaire britannique pour se rapprocher du modèle de démocratie semi-directe suisse. Ce système permet aux citoyens de participer directement aux décisions politiques via des référendums et initiatives populaires. Le parti défend également une méthode d’analyse appelée GAR (Gain, Action, Ressource), qui exige que tout projet public prouve d’abord un gain humain quantifiable avant d’être financé. Par exemple, un projet de santé devrait démontrer une baisse mesurable de l’incidence d’une maladie avant d’être mis en œuvre. Martin Charron résume cette philosophie par une question récurrente : « Tout ce qu’on pense, écrit ou fait, est-ce bon pour le citoyen ? ».
Martin Charron et les fondateurs d’Osons Québec critiquent l’offre politique actuelle, qu’ils jugent trop floue et peu rigoureuse. Selon eux, les autres partis proposent des solutions qui manquent de fondement concret, comme un buffet à volonté où les promesses semblent sorties de nulle part. Charron cite en exemple les propositions d’Éric Duhaime, chef du PCQ, comme la construction d’une troisième voie sur le pont reliant Québec à l’île d’Orléans ou la suppression de 20 000 postes de fonctionnaires. Ces idées, selon Charron, ne reposent pas sur des études sérieuses. Malgré son passé au PCQ, Charron affirme avoir tourné la page et souhaite désormais proposer une alternative positive plutôt que de critiquer directement ce parti.
Osons Québec se distingue par sa structure collégiale, inspirée de celle de Québec solidaire. Bien que Ludovic Mbany soit officiellement inscrit comme chef du parti auprès du DGE, il s’agit d’une formalité, car le parti privilégie une direction partagée. Parmi les autres membres fondateurs figure Nicolas Tétrault, ancien conseiller municipal de Montréal entre 2001 et 2005. Le parti doit désormais relever un défi de taille : recruter au moins deux candidats pour les élections provinciales avant le 17 septembre 2026 à 14 h. Sans cela, il perdra son statut officiel. Martin Charron envisage de se présenter dans sa circonscription d’Argenteuil, où il a déjà obtenu 24,8 % des voix en 2025. Le parti mise sur une campagne intensive pour se faire connaître, avec 109 propositions publiées sur son site web, accompagnées de vidéos générées par intelligence artificielle.
La création d’Osons Québec rappelle celle du Parti populaire du Québec (PPQ), un autre parti fondé plus tôt en 2026 par d’anciens militants du PCQ et du Parti populaire du Canada (PPC). Ludovic Mbany avait participé à la création du PPQ avant de s’en dissocier. Ces initiatives illustrent une tendance récente au Québec : l’émergence de nouveaux partis portés par des dissidents des formations traditionnelles. Osons Québec se positionne comme une alternative centriste, mais avec une approche radicale sur la réforme constitutionnelle et la démocratie participative. Le parti devra cependant faire ses preuves en peu de temps pour marquer la campagne électorale et convaincre les électeurs avant le scrutin du 5 octobre 2026.

