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Géopolitique

La guerre au Yémen est aussi un bras de fer entre la république et l’imamat

Courrier International · mis à jour 6 oct.

Outre les enjeux géopolitiques, le conflit entre les houthistes et le camp adverse est également une lutte entre deux projets politiques : celui de la construction inaboutie d’un État moderne, dont les fondements ont été jetés lors de la révolution de 1962, et celui de la restauration d’une théocratie zaydite, souligne le quotidien panarabe “Al-Quds Al-Arabi”..

Conflit Yémen : deux visions

Le conflit au Yémen oppose deux projets politiques distincts : d’un côté, la république, inspirée par la révolution de 1962 qui a aboli la monarchie religieuse zaydite, et de l’autre, l’imamat, une théocratie zaydite cherchant à restaurer un pouvoir religieux. Le zaydisme est une branche du chiisme, majoritaire au Yémen, qui prône une interprétation spécifique de l’islam. La révolution de 1962 a marqué la fin de l’imamat, un régime dirigé par des imams (dirigeants religieux) depuis plus de mille ans, et a lancé la construction d’un État moderne. Aujourd’hui, les houthistes, un groupe armé zaydite, défendent ce projet théocratique, tandis que le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, incarne l’héritage républicain.

Houthistes : forces et atouts

Les houthistes, bien que souvent réduits à leur dimension militaire, s’appuient sur trois piliers pour leur domination : une unité interne forte, une organisation militaire efficace et un récit politico-religieux mobilisateur. Leur discours met en avant la résistance à une ingérence étrangère, notamment saoudienne, et célèbre les particularismes yéménites, dont le zaydisme. Leur succès militaire, comme l’encerclement de Taëz (troisième ville du pays) début octobre 2026, illustre leur capacité à étendre leur influence. Leur organisation centralisée et leur cohésion leur permettent de résister aux offensives des forces progouvernementales, malgré les soutiens internationaux dont bénéficient ces dernières.

Gouvernement : héritage républicain

Le gouvernement yéménite, dirigé par Rachad Al-Alimi, se présente comme le garant de l’héritage républicain issu de la révolution de 1962. En octobre 2026, il a lancé une opération militaire pour rétablir la république sur l’ensemble du territoire, y compris les zones contrôlées par les houthistes. Ce projet s’appuie sur un récit nationaliste, opposant la modernité de l’État républicain à la théocratie des houthistes. Le gouvernement est soutenu par l’Arabie saoudite, qui voit dans les houthistes une menace pour sa sécurité. Cependant, malgré des gains territoriaux comme la reprise du port de Moka, les forces progouvernementales peinent à inverser la tendance, notamment face à la résistance des houthistes.

Enjeux géopolitiques

Le conflit yéménite s’inscrit dans un cadre géopolitique complexe, où s’affrontent des puissances régionales et internationales. L’Arabie saoudite soutient le gouvernement yéménite, craignant l’influence des houthistes, alliés à l’Iran. Les houthistes, de leur côté, dénoncent une ingérence saoudienne et se présentent comme les défenseurs de la souveraineté yéménite. Le détroit de Bab El-Mandeb, contrôlé par les houthistes, est un enjeu stratégique majeur, car il est une voie maritime essentielle pour le commerce mondial. La guerre au Yémen, qui dure depuis des années, a des répercussions humanitaires dramatiques et risque de s’envenimer, avec des retombées potentielles à l’échelle régionale et mondiale.

Ce que ça pourrait changer

En octobre 2026, la situation militaire au Yémen reste très tendue. Les houthistes ont réussi à encercler totalement Taëz, une ville stratégique, tandis que les forces progouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite, revendiquent des avancées comme la reprise du port de Moka sur la mer Rouge. Le chef de l’exécutif yéménite, Rachad Al-Alimi, a annoncé une opération militaire pour *rétablir la république* sur l’ensemble du territoire. Malgré ces initiatives, le conflit reste bloqué, avec des affrontements récurrents et une population civile prise en étau. Les deux camps s’accusent mutuellement d’ingérence étrangère, illustrant la complexité des alliances et des rivalités dans la région.

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