L’ARC préfère une entreprise américaine aux Commissionnaires pour un contrat de sécurité
Les Commissionnaires ont perdu un contrat majeur aux mains d'Allied Universal..
L’Agence du revenu du Canada (ARC) a attribué un contrat de sécurité d’une valeur de 12 millions de dollars à l’entreprise américaine Allied Universal, plutôt qu’au Corps canadien des commissionnaires, une organisation à but non lucratif. Ce contrat, qui couvre la sécurité des bâtiments fédéraux, a été remporté par Allied Universal malgré une offre financière légèrement supérieure (+80 000 $) de la part des Commissionnaires. L’ARC, contrairement à d’autres agences fédérales, n’est pas soumise à un accord historique accordant un droit de premier refus aux Commissionnaires pour ces contrats. Cet accord, en vigueur depuis des décennies, permet aux Commissionnaires de prioriser leurs services dans certains édifices fédéraux, mais l’ARC n’y est pas soumise, ce qui explique pourquoi elle a pu choisir une autre entreprise.
En décembre 2025, le gouvernement fédéral a adopté une politique intitulée « Achetez canadien », visant à privilégier les entreprises locales pour les contrats publics. Pourtant, l’ARC a choisi une entreprise américaine, Allied Universal, pour ce contrat de sécurité. Cette décision semble contradictoire avec les discours actuels sur la souveraineté économique du Canada. Les Commissionnaires, qui emploient principalement des vétérans et sont le plus grand employeur de cette catégorie au Canada, s’interrogent sur cette contradiction. Leur PDG, Marc Parent, souligne que cette décision va à l’encontre des valeurs de soutien aux vétérans et à l’économie locale, alors que leur organisation offre des services similaires, voire plus complets, incluant la cybersécurité et la vérification d’antécédents judiciaires.
Les Commissionnaires sont une organisation canadienne à but non lucratif fondée en 1925, employant 22 000 personnes, dont 3 500 vétérans de l’armée et de la GRC. Ils fournissent des services de sécurité dans de nombreux bâtiments fédéraux et collaborent avec le gouvernement du Québec ainsi qu’avec des entreprises privées. Leur offre inclut le contrôle d’accès, la cybersécurité et la vérification d’antécédents. À l’inverse, Allied Universal est une multinationale américaine employant 770 000 personnes dans le monde, avec une présence limitée au Canada (20 sites). Elle propose une gamme plus large de services, comme la vidéosurveillance et la détection d’armes, mais son PDG estime qu’elle pourrait devoir sous-traiter une partie du contrat en raison de son faible ancrage local. Allied Universal est également critiquée pour ses liens avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), une agence américaine controversée.
Le gouvernement fédéral affirme que le contrat a été attribué à Allied Universal après un processus d’approvisionnement concurrentiel, où les critères ne se limitaient pas au coût. D’autres facteurs, comme le rendement antérieur, la planification de la continuité des activités et la capacité à recruter du personnel, ont été pris en compte. Le gouvernement précise qu’Allied Universal est considérée comme un fournisseur canadien car sa filiale locale, basée à Mississauga, emploie un effectif important au Canada. Cependant, les Commissionnaires contestent cette qualification, soulignant que leur mission sociale, leur ancrage local et leur soutien aux vétérans devraient être des critères prioritaires. Ils estiment que le gouvernement devrait réévaluer ses priorités pour favoriser les entreprises locales.
Plusieurs députés ont réagi à cette décision. Le conservateur Michael Barrett a critiqué le choix de l’ARC, soulignant que le gouvernement libéral, qui prône la souveraineté canadienne, a attribué le contrat à une entreprise américaine liée à l’administration Trump, connue pour ses tensions avec le Canada. Il a rappelé que le premier ministre avait promis de faire du Canada « son propre meilleur client ». De son côté, le député du NPD Gord Johns a dénoncé le fait qu’une différence de prix de moins de 1 % ait conduit à privilégier une entreprise étrangère au détriment d’une organisation soutenant les vétérans. Ces réactions illustrent les tensions entre les promesses politiques et les actions concrètes en matière d’approvisionnement public.
Ce contrat s’inscrit dans un contexte où le gouvernement libéral, depuis l’entrée en fonction de **Mark Carney**, a attribué 6 des 10 plus importants contrats fédéraux à des entreprises américaines. Les Commissionnaires, qui détenaient ce contrat depuis 2012, risquent de perdre leur *droit de premier refus* sur ces marchés à partir de 2027, selon des rapports médiatiques. Leur PDG, Marc Parent, ancien directeur du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal), insiste sur l’importance de soutenir les entreprises locales et les vétérans, tout en garantissant la sécurité des données et des infrastructures fédérales. Cette affaire soulève des questions sur les priorités du gouvernement en matière de souveraineté économique et sociale.

