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Géopolitique

Après le Canada, c’est au tour de l’Australie de vouloir se rapprocher de l’UE

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Alors qu’Ursula von der Leyen a proposé, mercredi 16 septembre, au Canada de devenir un “membre associé” de l’Union européenne, la question pourrait se poser en Australie. Le ministre du Commerce y est, en tout cas, ouvert, selon “The Sydney Morning Herald”..

UE propose un statut au Canada

Le 16 septembre 2026, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a proposé au Canada de devenir un membre associé de l’Union européenne (UE). Ce statut inédit permettrait au Canada de participer à certains aspects de la politique européenne, notamment en matière de commerce, sans pour autant intégrer pleinement l’UE. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, était présent lors de cette annonce à Strasbourg et doit s’exprimer devant le Parlement européen dans les jours suivants. Cette proposition s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens entre l’UE et des partenaires stratégiques, tout en réduisant leur dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Le Canada, déjà lié à l’UE par un accord de libre-échange en vigueur depuis 2017, voit ici une opportunité de consolider sa position sur la scène internationale.

L'Australie envisage une alliance

Quelques jours après l’annonce européenne envers le Canada, l’Australie se positionne comme un candidat potentiel pour un rapprochement similaire avec l’UE. Don Farrell, ministre australien du Commerce, a déclaré au Sydney Morning Herald que son pays suivrait avec intérêt les initiatives canadiennes. Il a souligné que l’Australie, dont la prospérité repose sur son ouverture économique depuis 50 ans, est ouverte à de nouveaux accords avec l’UE. Cette volonté s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales mondiales, notamment sous l’administration de Donald Trump, dont les politiques tarifaires agressives ont poussé le Canada et l’Australie à diversifier leurs partenariats. L’Australie et l’UE ont d’ailleurs signé un accord de libre-échange en mars 2026, après huit ans de négociations, bien que celui-ci n’ait pas encore été ratifié.

Contexte géopolitique tendu

L’intérêt croissant de l’Australie et du Canada pour l’UE s’explique en partie par les tensions commerciales actuelles avec les États-Unis. Donald Trump, lors de son mandat, a mis en place des politiques tarifaires protectionnistes, notamment en taxant lourdement les importations. Selon l’économiste Warwick McKibbin cité par le Sydney Morning Herald, ces mesures, bien que médiatisées, ne représentent pas une menace majeure pour l’économie mondiale, car les États-Unis ne représentent que 15 % du commerce global. Les 85 % restants se réorganisent autour d’autres acteurs, comme l’UE, le Canada ou l’Australie. Cette situation a accéléré les rapprochements entre ces pays et l’UE, qui cherche à renforcer son influence face aux puissances américaine et chinoise.

Accord UE-Australie en attente

L’Australie et l’UE ont signé un accord de libre-échange en mars 2026, après des années de négociations. Cet accord vise à faciliter les échanges commerciaux entre les deux blocs en réduisant les droits de douane et en harmonisant les réglementations. Cependant, il doit encore être ratifié par les parlements concernés avant d’entrer en vigueur. Une fois cet accord pleinement appliqué, l’Australie pourrait envisager des discussions plus poussées avec l’UE, comme un statut de membre associé. Pour l’instant, le pays se concentre sur la mise en œuvre de cet accord, qui marque une étape importante dans leur collaboration économique. L’Australie, comme le Canada, cherche ainsi à sécuriser ses échanges dans un contexte international incertain.

Ce que ça pourrait changer

Un statut de membre associé pour l’Australie ou le Canada ne signifierait pas une adhésion complète à l’UE, mais plutôt une intégration partielle dans certains domaines, comme le commerce ou la politique étrangère. L’UE, composée de 27 États membres, a déjà établi des partenariats similaires avec des pays tiers, comme la Norvège ou la Suisse, qui participent à certains aspects du marché unique européen sans en être membres. Pour l’Australie, cette option permettrait de bénéficier d’un accès privilégié au marché européen tout en conservant sa souveraineté. Cependant, les négociations pourraient être longues et complexes, car elles nécessitent l’accord de tous les États membres de l’UE. Le Canada et l’Australie devront donc faire preuve de patience avant de concrétiser ce projet.

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