Marine Le Pen présente le «contre-budget» du RN pour 2027, une attaque contre les renouvelables et les agences environnementales
Mardi, la cheffe de file d’extrême droite a présenté son plan pour faire «140 milliards d’euros d’économies» sur les cinq prochaines années. Elle a assuré ne pas vouloir laisser l’écologie aux «climato-hypocrites» et prévoit des coupes drastiques, notamment dans les aides aux énergies vertes..
Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national (RN), a présenté le 7 octobre 2026 un «contre-budget» pour 2027, proposant 140 milliards d’euros d’économies sur cinq ans. Ce document s’oppose au budget du gouvernement et cible notamment les dépenses liées à l’écologie. Le RN justifie ces coupes en affirmant que les subventions aux énergies renouvelables et les agences environnementales n’ont pas eu d’impact positif sur le climat. Marine Le Pen critique les partis «climato-hypocrites», désignant principalement Emmanuel Macron, et promet un nouveau programme écologique ambitieux pour atteindre la neutralité carbone avant 2050, tout en respectant les Accords de Paris. Cependant, son dauphin, Jordan Bardella, souligne que ces discours doivent être confrontés aux chiffres concrets du contre-budget.
Le RN propose de supprimer les subventions aux énergies renouvelables, qu’il qualifie d’«intermittentes», en ciblant particulièrement le solaire et l’éolien. Cette mesure permettrait d’économiser plus de 5 milliards d’euros dès la première année. Le parti souhaite également instaurer un moratoire pour suspendre tous les nouveaux projets d’énergies renouvelables et a déposé des amendements pour surtaxer les parcs éoliens, en mer ou terrestres. En remplacement, le RN mise sur le nucléaire, l’hydroélectricité et la géothermie, affirmant pouvoir augmenter la capacité des centrales nucléaires existantes. Cependant, des experts comme Alexandre Joly, responsable du pôle énergie de Carbone 4, contestent cette approche. Il explique que sans les énergies renouvelables, la France devra conserver ses chaudières à gaz et ses voitures thermiques, ou importer de l’électricité carbonée de ses voisins, faute de nouvelles centrales nucléaires avant 2038 au plus tôt.
Le RN prévoit de supprimer la quasi-totalité des agences publiques environnementales, comme l’Office français de la biodiversité (OFB), l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), l’Agence de l’eau ou l’Agence de la transition écologique (Ademe), pour réaliser 3,4 milliards d’économies. Le parti considère ces organismes comme des «gros machins coûteux» et souhaite leur retirer leurs missions, qu’il juge inutiles. Pourtant, ces agences jouent un rôle clé dans la protection de la biodiversité, la réduction des pesticides et le financement de projets écologiques. Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la transition écologique, a réagi en soulignant que le RN attaque systématiquement les outils du ministère de l’écologie, ce qui, selon elle, risquerait d’augmenter la facture des Français plutôt que de faire des économies.
Le RN souhaite mettre fin aux subventions accordées aux associations qu’il juge ne relevant pas de l’intérêt général, avec un gain espéré de 3,7 milliards d’euros à partir de 2028. Marine Le Pen a évoqué en 2025 une liste d’associations ciblées, incluant notamment des associations environnementales et d’aide aux personnes exilées. Un amendement déposé par le RN vise même à interdire aux associations subventionnées de s’opposer politiquement à un parti, un élu ou un candidat. Cette mesure s’inscrit dans une logique de restriction des financements publics aux structures critiques envers le RN.
Pour la première fois, le RN propose des mesures écologiques dans son contre-budget, après avoir supprimé ces dispositifs dans ses propositions précédentes. Le Fonds vert pour la transition écologique est transformé en un fonds pour lutter contre les risques climatiques, avec une augmentation de 100 millions d’euros. Le dispositif MaPrimeRénov’, qui aide à financer la rénovation énergétique des logements, est intégré à un plan «100% rénov’» de 20 milliards d’euros, axé sur l’isolation et la climatisation. Le RN ne supprime plus le malus automobile, mais souhaite le modifier pour sanctionner les voitures produites dans des conditions polluantes et favoriser celles fabriquées en France. Enfin, Marine Le Pen propose une taxe sur les pays de l’Union européenne qui ne respecteraient pas les Accords de Paris, calculée sur l’intensité carbone de leur économie.
Les propositions du RN ont suscité des réactions, notamment de la part d’experts et de personnalités politiques. Alexandre Joly, de Carbone 4, critique la stratégie du RN, soulignant que sans énergies renouvelables, la France devra dépendre des énergies fossiles ou importer de l’électricité carbonée. Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la transition écologique, accuse le RN de s’attaquer systématiquement aux outils de l’écologie, ce qui, selon elle, risquerait d’aggraver la situation plutôt que de la résoudre. Jordan Allouche, lobbyiste écologiste, a analysé les amendements du RN et identifié des mesures visant à restreindre les activités des associations subventionnées, notamment celles qui s’opposent politiquement au parti.

