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Géopolitique

Le précédent et le sens de la visite apostolique historique de Léon XIV en France

Le Grand Continent · mis à jour 25 sept.

Que suivre lors des quatres jours du pape en France L’article Le précédent et le sens de la visite apostolique historique de Léon XIV en France est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Visite historique de Léon XIV

Léon XIV effectue sa première visite officielle en France en tant que pape, marquant ainsi son 5e voyage apostolique. Cette visite intervient 18 ans après celle de Benoît XVI en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, également considérée comme un succès public malgré son orientation intellectuelle. Bien que François, prédécesseur de Léon XIV, ait visité la France à trois reprises, ces déplacements n’étaient pas des visites officielles : à Strasbourg, il s’agissait d’un discours devant le Parlement européen, à Marseille d’une rencontre sur la Méditerranée, et en Corse d’un colloque sur la piété populaire. Léon XIV, lui, est accueilli le 25 septembre 2026 par Emmanuel Macron à l’Élysée en présence du gouvernement et de la société civile. Il prononcera deux discours majeurs : l’un sur les enjeux français, l’autre à l’UNESCO sur l’intelligence artificielle, thème central de sa première encyclique Magnifica Humanitas.

Parcours parisien

Le pape entame sa visite à Paris par une déambulation en papamobile dans les rues de la rive gauche, partant de la paroisse Notre-Dame des Champs, puis traversant les boulevards Montparnasse et Saint-Michel pour saluer la foule. Il se rend ensuite à la cathédrale Notre-Dame pour célébrer les vêpres à 17h15 en présence d’un clergé nombreux (évêques, prêtres, diacres, religieux, laïcs consacrés, etc.), avec un accès réservé à la cathédrale. Le soir, une veillée de prière est organisée au Stade de France, rassemblant 80 000 fidèles, dans un format inspiré des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) de 1997 organisées par Jean-Paul II. Léon XIV passera la nuit à la nonciature apostolique, avenue du président Wilson, dans le XVIe arrondissement de Paris.

Engagement social et éducatif

Le samedi matin, Léon XIV se rend à la Maison Bakhita, un centre d’accueil pour migrants dans le XVIIIe arrondissement, portant le nom de Sainte Joséphine Bakhita, une sainte d’origine soudanaise connue pour son parcours de rédemption. Initialement, il était prévu qu’il visite la Maison Jeanne Garnier, un établissement de soins palliatifs. À 10h15, il se rend à l’Institut catholique de Paris, qui fête ses 150 ans, pour rencontrer des catéchumènes, des néophytes et des membres de l’Assemblée synodale francilienne. Cette dernière travaille sur le regain des baptêmes d’adultes, un phénomène notable en France, où les conversions de jeunes au catholicisme surprennent l’Église. Dans la chapelle Saint-Joseph des Carmes, il rend hommage à un religieux carme, le Frère Laurent de la Résurrection, l’un de ses maîtres spirituels.

Messe à la Concorde

L’après-midi du samedi, Léon XIV célèbre une messe sur la place de la Concorde à 15h, un lieu symbolique chargé d’histoire. Cette place, anciennement place Louis XVI puis place de la Révolution, incarne les divisions de la mémoire nationale, notamment lors des XIXe et XXe siècles avec la « guerre des deux France ». La dernière messe religieuse y ayant été célébrée remonte à 1814, avec une messe de requiem orthodoxe demandée par le tsar Alexandre Ier pour l’exécution de Louis XVI. Plus de 600 000 fidèles sont attendus sur les Champs Élysées jusqu’à l’étoile et l’avenue de la Grande Armée. Cette célébration marque un moment fort de la visite, dans un espace habituellement dédié à des événements laïcs ou politiques.

Pèlerinage à Lourdes

Le samedi soir, Léon XIV se rend au sanctuaire de Lourdes pour une première prière à la grotte de Massabielle, lieu des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous en 1858. Le dimanche matin, il prononce un discours à 9h devant la Conférence des évêques de France, présidée par le cardinal Aveline, qui aborde les défis de l’Église en France. À 11h, il célèbre une messe dominicale sur la prairie du sanctuaire, la basilique souterraine Saint-Pie-X ne pouvant accueillir la foule attendue. L’après-midi est consacré à des rencontres privées : avec les hospitaliers et bénévoles du sanctuaire, des religieuses carmélites, et enfin avec des victimes d’abus sexuels dans un cadre ecclésial. Cette dernière rencontre, très sensible, a suscité des critiques de la part d’associations de victimes, jugeant le geste insuffisant dans un contexte de clôture des réparations financières versées par l’Église.

Ce que ça pourrait changer

La dernière journée de la visite a lieu à Metz, ajoutée à la demande de l’Église de France. Léon XIV arrive à Metz à 9h20 et participe à une rencontre interreligieuse à 10h au Centre des Congrès Robert Schuman. À 11h, il prononce un discours en hommage à Robert Schuman, démocrate-chrétien et « Père de l’Europe », déclaré « vénérable » en 2021 par le pape François pour ses vertus héroïques. Ce discours met en avant l’unité et la paix en Europe, thèmes centraux du projet européen. Léon XIV défend également la cause de l’Europe, tout en interrogeant la position du pape sur le réarmement européen et une Europe-puissance, dans un contexte où l’Ukraine est soutenue par le Saint-Siège. Après cette étape, il déambule en papamobile dans les rues de Metz et clôture son voyage à 16h par une messe dans la cathédrale Saint-Étienne, célébrant ainsi avec retard le 800e anniversaire de l’édifice.

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