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Lumières allumées jour et nuit, consommation d’eau massive, factures en hausse...l'enfer des voisins des data centers dédiés à l'IA

Science & Vie · mis à jour 30 juil.

Dans les zones rurales, les géants du numérique transforment discrètement les paysages en centres énergivores, souvent sans consulter les habitants. Cette mutation invisible entraîne des conséquences humaines et environnementales significatives..

Data centers IA en expansion

Les data centers dédiés à l'intelligence artificielle (IA) se multiplient à travers le monde, notamment en France, aux États-Unis et en Irlande. Ces infrastructures, souvent gigantesques, abritent des milliers de serveurs qui fonctionnent en continu pour entraîner et faire tourner les modèles d'IA. Leur croissance est directement liée à l'explosion de l'usage de l'IA, notamment des outils comme les chatbots ou les algorithmes de reconnaissance d'images. Par exemple, le géant américain Microsoft a annoncé en 2026 l'ouverture de plusieurs nouveaux centres en France, dont un à Paris et un autre près de Strasbourg, pour répondre à la demande croissante en puissance de calcul. Ces projets s'inscrivent dans un contexte où l'IA est de plus en plus intégrée dans les services numériques, des assistants vocaux aux diagnostics médicaux.

Consommation énergétique record

Les data centers dédiés à l'IA consomment une quantité colossale d'électricité, souvent bien supérieure à celle des centres de données traditionnels. Selon les estimations, un seul centre de ce type peut utiliser autant d'énergie qu'une ville de 50 000 habitants. Par exemple, le data center de Microsoft à Paris, prévu pour 2026, devrait nécessiter une puissance électrique équivalente à celle de 10 000 foyers. Cette consommation massive s'explique par le besoin en électricité des serveurs, des systèmes de refroidissement et des infrastructures de sécurité. En Irlande, où se concentrent plusieurs centres européens, cette demande a déjà entraîné des tensions sur le réseau électrique local, poussant les autorités à limiter les nouvelles constructions.

Refroidissement par eau massive

Pour éviter la surchauffe des serveurs, les data centers utilisent des systèmes de refroidissement qui consomment d'importantes quantités d'eau. Dans certains cas, comme celui du centre de Microsoft en Irlande, jusqu'à 7,5 millions de litres d'eau par jour sont nécessaires pour maintenir une température optimale. Cette pratique pose un problème environnemental et social, notamment dans des régions déjà touchées par des pénuries d'eau. Par exemple, en Arizona (États-Unis), où se trouve un autre centre majeur, les autorités locales ont dû imposer des restrictions d'eau pour préserver les ressources locales. Les riverains dénoncent une pression accrue sur leurs approvisionnements en eau potable.

Impact sur les factures locales

La présence d'un data center à proximité d'une zone résidentielle a un impact direct sur les factures d'électricité et d'eau des habitants. En Irlande, des communes comme Dublin ou Galway ont vu leurs coûts énergétiques augmenter de manière significative depuis l'arrivée de ces infrastructures. Par exemple, certains foyers ont vu leurs factures d'électricité doubler en quelques années, tandis que les prix de l'eau ont grimpé de 30 % dans certaines zones. Les élus locaux et les associations de défense des consommateurs dénoncent un déséquilibre dans la répartition des coûts, où les bénéfices économiques (emplois, taxes) ne compensent pas les surcoûts supportés par les habitants.

Pollution lumineuse nocturne

Les data centers dédiés à l'IA fonctionnent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui entraîne une pollution lumineuse permanente dans les zones environnantes. Les riverains décrivent des ciels éclairés en permanence par des néons, des projecteurs et des écrans, perturbant leur sommeil et leur qualité de vie. Par exemple, dans la commune de Strasbourg, où Microsoft prévoit d'ouvrir un centre, les habitants ont déjà signalé des nuisances lumineuses intenses, malgré les promesses de réduction des émissions de lumière. Cette situation soulève des questions sur l'application des réglementations locales en matière de pollution lumineuse et de respect des rythmes naturels.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces problèmes, certaines autorités locales tentent de réguler l'implantation des *data centers*, mais leurs marges de manœuvre sont limitées. En France, la région *Grand Est*, où se situe le futur centre de *Microsoft* près de Strasbourg, a demandé des garanties sur la consommation d'eau et d'énergie, ainsi que des compensations financières pour les communes concernées. Aux États-Unis, des États comme la *Californie* ou l'*Arizona* ont durci les règles environnementales pour limiter l'impact des centres sur les ressources locales. Cependant, ces mesures restent souvent insuffisantes face à la demande croissante en infrastructures numériques, et les négociations entre les entreprises et les collectivités sont parfois tendues.

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